Numericable-SFR : « Aucun impayé» selon Patrick Drahi

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Reprise de SFR, relation avec les fournisseurs, couverture mobile, fibre optique… Patrick Drahi a présenté sa stratégie devant les députés de la Commission des affaires économiques.

Patrick Drahi, patron d’Altice (la holding télécom propriétaire de Numericable-SFR en France (mais aussi de Potrugal Telecom ou, plus récemment, de Suddenlink aux Etats-Unis) ainsi que des journaux Libération, L’Express ou i24news, était auditionné, pour la première fois, par les députés de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, mercredi 27 mai. Objet de la rencontre : les questions d’actualité autour du déploiement de la fibre, du très haut débit mobile, la bande des 700 MHz bien sûr, mais aussi la reprise en main de SFR, la stratégie financière ou encore les relations houleuses avec fournisseurs qui se plaignent de la « méthode Drahi » qui leur impose des ristournes conséquentes.

SFR, un bateau ivre

Sur SFR, l’entrepreneur n’a pas mâché ses mots en désignant l’opérateur de « fille à papa [qui] dépensait l’argent mais ce n’est pas elle qui payait les les factures, car le cash était absorbé par la maison mère » (Vivendi en l’occurrence) et où il fallait « remettre de l’ordre » avant qu’il ne devienne un « bateau ivre » enfoncé dans une guerre des prix. Ce qui se traduit par une gestion rigoureuse où les dirigeants d’Altice vérifient toutes les dépenses. « Avant qu’elle ne les dépense, pas après », a insisté le dirigeant à la réputation de cost killer. A propos des fournisseurs, il assure n’avoir « planté personne » et ne « mettra jamais personne en difficulté ».

Selon l’homme, « il n’y a aucun impayé » mais seulement des « retards » et ceux qui se plaignent sont « des filiales de grands groupes qui n’ont pas de problème de cash ». Et d’ajouter que ceux qui le suivent sont gagnants à long terme. « Les fournisseurs qui ont accepté de travailler dans une logique de modernisation font plus de business aujourd’hui car je les amène à l’international. » Quant à la question de management, Patrick Drahi se défend en évoquant des « méthode de gestion différentes car on avance assez vite » qui, paradoxalement, « prend du temps » pour que ça redescende auprès des 17 000 salariés de SFR et Numericable.

Couvrir les zones blanche et investir dans la fibre

Sur la couverture du territoire, Patrick Drahi a tenu à rassurer les élus, notamment ceux confrontés au mécontentement de leurs administrés privés de services mobile. « Le but de SFR est de couvrir l’intégralité du territoire. Les zones blanches, on va les couvrir, j’en prends l’engagement. »Mais aussi sur la fibre où Numericable-SFR va couvrir bien plus que les 2,2 millions de prises optiques de la zone AMI (appel à manifestation d’intérêt) à travers le réseau mutualisée avec Orange (à l’exception des quelques centaines de milliers de foyers déjà couverts par le câble). « L’investissement que ferait SFR au-delà de ce qui était prévu va faire économiser de l’argent à Orange qui déploiera moins là où il avait prévu et plus là où il n’avait pas prévu. » Et mieux répartir, au passage, le marché des 18 millions de prises FTTH visé par Orange à qui Patrick Drahi apporterait « une économie de 2 milliards ». Il assure également que « la cadence de des investissements de l’infrastructure fibre [de SFR] est la plus élevée de France actuellement ».

Des investissements qui se prolongeront à travers l’achat prochain des fréquences 700 MHz « Je vais participer aux enchères », a confirmé Patrick Drahi qui, même s’il « n’a pas besoin de ces fréquences pour les 10 ans à venir » contribuera « comme les autres » à sa quote part. Sous entendu, au financement d’une partie du budget de l’armée auquel seront attribué les 2,2 milliards d’euros attendu de l’attribution des 700 MHz.

Une dette de croissance

Ce qui amène à la question de la dette de Numericable-SFR. Elle n’inquiète pas le dirigeant qui assure la contrôler. « On a dégagé des centaines de millions d’économie au premier trimestre que l’on va réinvestir […] Notre dette n’est pas supérieur à celle d’Orange. Avec 10,5 milliards de dette, soit moins de 3 fois l’Ebidta, l’endettement est inférieur à celui d’Orange. J’ai des capacités financières voisines voire supérieures. » Pour lui, la dette « c’est le problème des entreprises en décroissance » alors que sa priorité est « de faire de la croissance ». Une stratégie qui lui a plutôt bien réussi. Indirectement, Altice emploi 38 000 personnes dans le monde, a tenu à préciser Patrick Drahi, avec un capital de 32 milliards d’euros pour une dette nette de 33 milliards.


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