Open Data : Ouverture des données SIRENE au début 2017

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A l’occasion d’une conférence sur l’Open Data, la secrétaire d’Etat au Numérique a annoncé l’ouverture des données SIRENE de l’INSEE à partir du 1er janvier 2017.

Au ministère de l’Economie était organisée la conférence Datadays, un point d’étape de la stratégie de l’ouverture des données pour le développement de l’économie numérique. Chapeautée par Etalab, elle a permis d’en savoir un peu plus sur l’état de santé de l’Open Data en France. Un secteur en pleine ébullition rappelle Laure Lucchesi, directrice d’Etalab. Aujourd’hui, la plateforme data.gouv.fr propose 21 000 jeux de données avec 1400 réutilisations et 12 000 inscrits. Et cette ouverture a facilité le développement de start-ups autour de ces données publiques.

Des start-ups et des groupes avides de données

Ainsi Data Publica n’aurait pas pu exister sans l’Open Data. Christian Friesch, son CTO, explique que la société a développé une solution baptisée C-Radar qui permet de croiser des données publiques d’entreprise avec d’autres informations issues de l’INPI (Institut National de Propriété Intellectuelle), les annonces légales, les appels d’offres. La société propose aux entreprises des services de ventes prédictives et d’optimisation des achats. Auparavant, ces jeux de données étaient soumis à licence pour un prix hors d’atteinte de la start-up, souligne le responsable.

Il milite maintenant pour obtenir plus de référentiels comme la base Adresse Nationale (issue d’une convention signée entre l’IGN, le Groupe La Poste, l’État et OpenStreetMap France) et plus encore la base SIRENE de l’INSEE. « Une solution gagnant/gagnant, car cela aidera les entreprises à gagner plus facilement des marchés en ayant les bonnes informations, y compris pour les PME d’accéder aux marchés publics. Mais aussi un intérêt pour l’Etat qui aura une meilleure connaissance du tissu entrepreneurial », précise Christian Friesch.

Un avis partagé non pas par une start-up, mais par ERDF qui, par la voix de son directeur de la transformation numérique François Blanc, indique « dans le cadre de la transition énergétique, notre carburant c’est la donnée ». Et d’ajouter : « Nous sommes devenus opérateur de Big Data. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le gestionnaire de réseau s’est construit un datawarehouse capable d’absorber 230 To de données attendues chaque année. Des informations qui ont permis à ERDF de produire déjà plusieurs jeux de données sur le patrimoine et l’infrastructure (panorama des producteurs, file d’attente des producteurs, qualité des fournitures) et sur le marché de l’électricité. Cette ouverture a donné lieu à 40 000 visualisations et 8 000 téléchargements. Pour autant, l’entreprise est demandeuse de plus de données. « Par exemple, il nous manque un référentiel sur les immeubles en France, car un immeuble peut avoir plusieurs adresses et plusieurs bâtiments. Cela peut être intéressant pour analyser la consommation électrique. »

Ouverture de la base de données SIRENE en 2017

La secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire a clôturé cette matinée des DataDays en délivrant quelques messages et surtout une annonce attendue par les participants. Sur cette dernière, elle a officiellement indiqué que la base SIRENE serait ouverte gratuitement à partir du 1er janvier 2017. Cette base de données de l’INSEE recense 10 millions d’entreprises en France, avec une réactualisation de 10 000 fiches chaque jour. Pour l’édile, avec ce type d’annonces, « il s’agit d’un pas de géant, nous changeons d’échelle sur l’ouverture des données ». Un moyen pour accélérer la création d’entreprises et l’emploi. « Nous étions cantonné aux projets, aux expérimentations au prix de longues discussions et d’arbitrages. Nous allons ouvrir par défaut les données et donc fluidifier le marché. »

Une allusion au cadre législatif qui va bientôt changer à l’occasion de la discussion de la loi pour une République numérique qui commence demain à l’Assemblée Nationale. La ministre a rappelé les différents points de sa loi concernant les données : portabilité, obligation d’ouverture pour les DSP et les concessionnaires, renforcement des pouvoirs de la CADA et de la CNIL, création de jeux de données d’intérêt général, etc. La secrétaire d’Etat va maintenant batailler sur les bancs de l’Assemblée pour discuter des nombreux amendements attendus sur cette loi.

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