OpenIO, du stockage objet made in France

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La start-up, OpenIO, propose une solution Open Source de stockage objet en mode distribué. Elle est dotée d’une technologie intelligente de distribution des applications et des données.

De la French Tech au french flair, il n’y a qu’un pas que Georges Lotigier a franchi. Connu pour avoir créé Vade Retro pour la protection de la messagerie et Scalair, fournisseur de Cloud, il récidive en apportant son soutien à OpenIO. Cette société a connu une longue histoire avant de démarrer. Comme le rappelle, Laurent Denel, directeur général, « nous avons officiellement commencé notre activité en juin dernier, mais le produit a déjà 8 ans d’existence ». Tout commence en 2007 autour de six anciens d’Atos Wordline et d’une solution implantée chez Orange et SFR pour archiver et stocker leur service de messagerie. En 2012, Orange demande à rendre Open Source ce procédé et en 2015 un fork est créé. C’est sur ce dernier que repose la technologie développée par OpenIO.

Un SDS facile d’accès

OpenIO est une solution logicielle de stockage objet en mode distribué. Elle permet d’augmenter de plusieurs To par semaines les capacités de stockage de manière très rapide. Elle présente plusieurs avantages : évolutivité externe optimale, accès unifié au stockage, gestion simplifiée, intégration de la déduplication et de la protection des données. Dotée de connecteurs (API), le service était d’abord orienté, « vers le marché des messageries, vers le streaming Internet », avoue Laurent Denel.

Le Cloud est bien évidement de la partie avec une connexion à S3 d’Amazon et OpenStack à travers une implémentation dans Swift. Georges Lotigier explique les différences avec l’offre française concurrente Scality. « La solution est axée sur le traitement des entrées/sorties (IO) par To. La plupart des concurrents impose pour démarrer leur logiciel un minimum de stockage environ 300 à 500 To. OpenIO peut démarrer sur 1 To avec l’installation du SDS sur un Raspberry Pi. » Une installation facilitée par la disponibilité de package (RPM) fonctionnant sous différentes distributions Linux (Red Hat, Debian, Ubuntu) et intégrant l’outil d’automatisation Puppet. Des démonstrations sont disponibles sous Vagrant.

Une conscience dans le stockage

En complément de l’orientation SDS (Software Defined Storage), OpenIO injecte de l’intelligence dans le stockage des données. « Le système est géré par « une conscience » qui agit en temps réel de manière asynchrone. Elle permet de noter les nœuds de stockage dans la grille, une sorte de load balancing avancé pour savoir quels sont les nœuds les plus performants. Nos concurrents eux travaillent sur des algorithmes fixes de placement », précise Laurent Denel. Pas question pour autant de faire une confiance aveugle à « la conscience » souligne le dirigeant. « Les administrateurs peuvent garder la main, ainsi dans le cadre d’une maintenance, il est possible de dégrader la notation d’un ou plusieurs nœuds. »

Cette intelligence peut servir à d’autres technologies comme les conteneurs Docker. « Nous avons une bonne vision des conteneurs en étant orienté gestion des IO et de l’applicatif à travers l’approche app for grid. La conscience peut être à même de placer les conteneurs au meilleur endroit, les ouvrir. » Un outil d’orchestration ? « Cela y ressemble, mais sans la notion de chef d’orchestre et où les partitions seraient remplacées par des stimulis au sein de la grille » évoque Laurent Denel.

Des ambitions de croissance

Une vision qui ouvre plusieurs marchés à OpenIO. Le premier est historique et vise les opérateurs télécoms. La société ne se cache pas qu’elle s’appuie sur l’expertise et les clients de Vade Retro. Exemple : un opérateur japonais va être obligé de stocker les mails alors qu’il ne le faisait pas avant une décision réglementaire. La solution OpenIO va lui permettre de rapidement se mettre à l’échelle sur le stockage des messages de manière très rapide. Autre marché visé : le Cloud où OpenIO vient en appui de Scalair, qui commence à avoir de belles références.

Le groupe a aussi des ambitions dans les verticaux que sont le domaine de la santé (archivage) ou du streaming Internet. Il regarde par ailleurs vers le Big Data notamment sur Hadoop et Map Reduce en particulier. Un focus sur Spark qui devient très tendance ? « Nous regardons, mais il est encore trop tôt pour en parler », répond Laurent Denel. La start-up entend bien nouer des partenariats pour se développer au côté des existants, HP, Quantum ou Seagate.

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Crédit Photo : Andrey VP-Shutterstock

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