OpenStack : le cloud open source a sa fondation

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Le projet de plateforme de cloud computing open source OpenStack se dote d’une fondation afin d’accompagner son écosystème, de partager ses ressources, de promouvoir la solution et sa communauté, et d’assurer la gouvernance de l’ensemble.

L’annonce de la création de la Fondation OpenStack est une étape importante pour promouvoir et pérenniser ce projet de cloud computing open source.

OpenStack est en effet devenu un projet d’envergure, qui a déjà attiré à lui une importante communauté de plus de 6000 individus – dont 5600 sont membres de la fondation – issus de 850 organisations et 88 pays. Le contrôleur OpenStack a été téléchargé plus de 200.000 fois, 300.000 si l’on compte les redistributions, principalement au travers des éditeurs d’une distribution Linux.

L’adhésion gratuite pour les individus explique en partie le succès du projet, mais pas seulement. Le cloud computing révolutionne notre consommation des IT et des services informatiques, et OpenStack est certainement le projet de cloud open source le plus avancé.

L’annonce devrait permettre ainsi au projet de prendre ses distances face à ses concurrents CloudStack et Eucalyptus. Issu des travaux de l’hébergeur Rackspace et de la NASA, l’agence spatiale américaine (qui depuis s’est retirée du projet), OpenStack compte parmi ses membres des acteurs de premier plan comme AT&T, Canonical (Ubuntu), HP, IBM, Nebula, RedHat et SUSE, membres Platinium. Ainsi que Brocade, Cisco, Dell, Huawei, Intel, NEC, NetApp, PayPal, VMware, Yahoo!, etc.

En attendant Folsom

L’annonce de la création de l’OpenStack Foundation est également importante car, étant indépendante, elle coupe les derniers liens qui liaient le projet à Rackspace Hosting – qui a cédé sa gestion et ses actifs OpenStack, dont la marque, à la Fondation qui en assure désormais la gouvernance -, ce qui va offrir plus de latitude aux contributeurs du projet dont certains craignaient la présence du géant américain de l’hébergement… Ainsi que celle de VMware devenu membre de fait et consentant après le rachat de Nicira et de ses technologie de virtualisation des réseaux.

Opportune, également, l’annonce précède de quelques jours celle de Folsom, la prochaine version du kernel (noyau) OpenStack qui succédera en octobre à Essex, la mise à jour dévoilée au printemps et qui avait bénéficié des apports en code de 235 contributeurs. Le rôle de la Fondation sera également de s’assurer que la communauté qui participe au développement d’OpenStack coopère réellement au projet et reverse les lignes de codes dans le tronc commun. Actuellement OpenStack est composé de 550.000 lignes de code, et ne cesse de grossir.

À la tête de la Fondation OpenStack

Le comité de direction de la Fondation OpenStack est composé de Jonathan Bryce, directeur exécutif, qui figure parmi les personnes à l’origine du projet chez Rackspace ; d’Alan Clark, également président (chairman) du conseil d’administration (board), qui chez SUSE est le directeur des initiatives industrielles, des standards émergents et de l’open source ; et de Lew Tucker, CTO cloud computing chez Cisco. Les huit membres Platinium d’OpenStack figurent au board, ainsi que huit membres Gold et huit membres individuels.

Le projet OpenStack dispose également d’un comité technique, composé de huit membres issus des projets qui complètent la stack OpenStack : Vish Ishaya du projet Nova (à l’origine d’OpenStack) ; Joe Heck du projet Keystone (gestion des identités) ; Gabriel Hurley du projet Horizon (interface utilisateur et tableaux de bord) ; John Dickinson du projet Swift (stockage objet) ; Brian Waldon du projet Glance (gestion des machines virtuelles) ; John Griffith du projet Cinder (stockage bloc)  ; Dan Wendlandt du projet Quantum (NCaaS – Network Connectivity as a Service) ; et Mark McLoughlin du projet OpenStack Common (une librairie Python de composants et d’utilitaires).

La Fondation s’est également dotée d’un code de conduite qui autorise tout membre à interpeller le board, lequel dispose du pouvoir discrétionnaire de révoquer un membre. Le comité technique dispose du même pouvoir sur le code. L’objectif de ces règles est de rendre OpenStack le plus ouvert possible et d’apporter ou garantir un maximum de transparence.

Mouvement vers Nebula

En marge de l’annonce de la création de la Fondation OpenStack, nous avons assisté à un mouvement migratoire des personnes à l’origine d’OpenStack vers Nebula. Cette société est issue du projet Nova, à l’origine d’OpenStack avec la NASA. Elle a été créée en juillet 2011 par Chris Kemp, précédemment CTO de l’agence spatiale et cofondateur d’OpenStack, et par Devin Carlen, cofondateur d’ANSO Labs (depuis avalé par Rackspace) et désormais CTO de la société.

Ils ont été rejoints par les ingénieurs qui ont travaillé au développement de Nova et d’OpenStack : Jesse Andrews, Jake Dahn, Vish Ishaya, Andy Smith, Dean Troyer et Anthony Young – quatre d’entre eux figurent au board – faisant de facto de Nebula le second contributeur à l’OpenStack, après Rackspace bien évidemment.


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