OpenStack à l’heure de la maturité et de la certification

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De plus en plus utilisées comme socle technologique par des entreprises, et pour leurs applications critiques, OpenStack sort du ghetto technologique, et lance même une certification Administrateur maison.

Mark Collier, OpenStack Foundation
Mark Collier, OpenStack Foundation

Plus de 5 000 participants venus de plus de 50 pays: beau succès encore une fois pour l’OpenStack Summit qui se tient à Barcelone cette semaine. Devenue l’incontournable technologie à adopter en matière de cloud, elle oblige les éditeurs les moins convaincus (mais en reste-t-il?) à jouer la carte de la compatibilité…

« 80% des entreprises utilisant OpenStack ne sont pas issues du secteur des technologies!» annonce fièrement Mark Collier, COO de l’OpenStack Foundation, battant en brèche cette idée reçue. Il s’agit de l’une des conclusions d’une enquête mondiale menée par le cabinet d’études américain 451 Research. Dans le peloton de tête des secteurs « les plus OpenStack », derrière le secteur des technologies à 20%, arrive l’industrie à 15% talonné par la vente au détail/hôtellerie à 11%, puis les services professionnels (10%), la santé (7%) ou encore l’assurance (6%).
Parmi ces entreprises utilisatrices on trouve 13,7% de PME employant moins de 1000 salariés. Le gros des troupes est constitué des sociétés de taille intermédiaire: 20,6% entre 1000 et 2000 employés, et 21,8% entre 2000 et 5000 employés. Les grandes entreprises avec 5000 à 10 000 employés sont représentées à hauteur de 23,4%. Les 20,5% restant sont des sociétés de plus de 10 000 salariés.

OpenStack prend du galon en entreprise

Les applications montent en puissance sous OpenStack.
Les applications montent en puissance sous OpenStack.

Moins surprenant, le trio de tête des traitements cités comme les plus exécutés sur plateforme OpenStack reste technique et lié à l’infrastructure: IaaS (66,7%), virtualisation réseau (64,9%) et stockage/archivage/sauvegarde (61,3%). On notera cependant que les applications deviennent de plus des arguments pour ce type de déploiement, avec l’arrivée des applications métier au quatrième rang à 59,5% (voir illustration).

« Plus de 75% des clouds animés par OpenStack reposent sur des infrastructures de plus de 1000 cœurs!» semble encore s’étonner Mark Collier. En effet, l’enquête de 451 Research révèle que 5% des déploiements OpenStack s’exécutent sur plus de 100 000 cœurs, 34,4% sur 10 000 à 99 999 cœurs, 37,3% nécessitent 1000 à 9999 cœurs, et seulement 5% moins de 10. On est loin des tests réalisés dans les garages plus ou moins officiels d’entreprises technologiques.

Enfin, les principaux moteurs cités par les sondés pour l’adoption d’OpenStack sont « l’augmentation de l’efficacité opérationnelle » à 76% et « l’accélération de l’innovation/vitesse de déploiement » à 75%. Très vite arrive aussi  « le soutien de DevOps » à 69%, suivi de  « la réduction des coûts » (50%) et « la standardisation des API OpenStack »  (45%). De là à penser que les motivations ont dépassé les seuls arguments techniques…

Une certification maison

Avec l’arrivée de sa 14ème mouture, baptisée Newton, OpenStack a modifié son logo en le posant à plat, en deux dimensions. Plus sobre, plutôt réussi. «Il devrait être mis à jour et se répandre très rapidement sur le site Web et dans nos documents,» annonce le COO.

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez,» conseillait Nicolas Boileau au 17ème siècle.

Quelques vers qui s’appliquent bien à la communauté OpenStack, où collaboration mondiale et grande ouverture nécessitent à la fois de la rigueur et de la patience. Comme nous l’expliquions il y a deux semaines, la version 14 de la plateforme cloud a été remaniée, corrigée, et étendue aux conteneurs -entre autres (voir notre article).

Cependant, le succès d’une technologie reposant aussi sur la possibilité de disposer des compétences, la formation et les certifications deviennent un élément indispensable à la survie de toute innovation aussi ingénieuse soit-elle.

A la suite du dernier OpenStack Summit à Austin, la Foundation OpenStack a lancé sa certification COA, pour Certified OpenStack Administrator. Elle souhaite ainsi « répondre directement à la demande croissante du marché (dont Rackspace, The Linux Foundation et SUSE) avec une certification délivrée par un organisme indépendant,» souligne Mark Collier. «Plus de 500 professionnels de 50 pays ont passé cet examen depuis mai dernier, et 500 autres sont en cours de certification.»

L’examen est disponible en ligne (pour 300 dollars) et la liste des prérequis se trouve sur le site d’OpenStack (ici http://www.openstack.org/coa/requirements). Après un tour rapide auprès des partenaires proposant des formations pour cette certification, il en ressort qu’il faudra investir 2000 euros pour 4 à 5 jours préparatoires (incluant normalement le coût de l’examen).

Pour ceux qui souhaiteraient une motivation supplémentaire: les recettes mondiales liées aux technologies OpenStack devraient dépasser les 5 milliards de dollars en 2020 selon 451 Research.

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Auteur : José Diz
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