A l’opposé du 100 % Cloud, Schneider Electric croit aux micro-datacenters

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Schneider Electric multiplie les formats de micro-datacenters afin d’héberger les applications devant tourner en périphérie du réseau, notamment pour des questions de temps de latence.

« Certains pensent qu’avec le Cloud, toutes les entreprises vont fermer leur datacenter. Mais ce schéma ne fonctionne qu’avec des applications autorisant des temps de latence de 100 à 150 ms. » Pour Damien Giroud, le directeur France des solutions datacenters de Schneider Electric, le tout Cloud est un mythe qui ne tient pas face au développement de nouveaux usages, comme l’IoT industriel, la voiture connectée, la e-santé, la réalité augmentée pour aider à la maintenance, le magasin intelligent… « Une des solutions, qui permet à la fois de décongestionner les réseaux et de parvenir à des temps de latence sous les 10 ms, consiste à relocaliser la donnée au plus près des usages, ajoute cet expert. Dans une usine, pour qu’une machine dialogue avec une autre machine, pas besoin de passer par un datacenter de l’autre côté de l’Atlantique. » Encombrer les réseaux avec ces données ayant une valeur purement locale paraît également peu rationnel.

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Damien Giroud.

Pour Schneider Electric, qui réalise environ 15 % de son chiffre d’affaires de 26 milliards d’euros sur le marché des datacenters, il y a là une opportunité. Celle d’amener des solutions industrielles, « sans compromis technique par rapport aux grands datacenters », dit Jean-Baptiste Plagne, le vice-président de la division IT pour la France de l’équipementier. Comme ses concurrents sur le marché (lire notre article « Cebit : bienvenue dans l’ère du datacenter compact »), Schneider Electric mise donc sur l’extension du marché du datacenter en conteneur. Pas réellement un concept nouveau ; Schneider Electric avait par exemple racheté un spécialiste de ce sujet, AST Modular, dès 2014. « Mais ce marché décolle enfin, y compris dans des secteurs traditionnels comme le luxe, la finance ou les collectivités locales », assure Damien Giroud. Le géant de l’électricité met par exemple en avant les deux conteneurs qu’il a livrés à la Sagrada Familia, la basilique de Gaudi à Barcelone, pour assurer la billetterie, la vidéosurveillance mais aussi la reconstitution des plans du célèbre édifice.

« Un véritable datacenter miniaturisé »

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Le SmartBunker FX.

Au-delà du conteneur – un format réservé à certains types de clients -, Schneider Electric a surtout diversifié son offre, avec l’introduction de toute une gamme de concepts complémentaires, comme l’industriel en faisait récemment la démonstration lors de l’étape parisienne de son tour de France dédié à l’innovation. Avec notamment des unités silencieuses, s’apparentant à des meubles de bureau sur roulettes et prévues pour les usages en intérieur (Smart Bunker CX, avec dissipation thermique de 1,2 ou 2,4 kW). Mais aussi des micro-datacenters davantage tournés vers les environnements industriels, comme le SmartBunker FX, qui offre 5, voire 10 kW de véritable refroidissement. « C’est un véritable datacenter miniaturisé, avec capteurs de mouvement et d’humidité, détection incendie, climatisation et sécurisation qu’il suffit de raccorder à l’électricité et au réseau pour démarrer l’exploitation », résume Damien Giroud. La solution de 42U et 900 kg, assemblée à Barcelone, est livrée en 6 à 8 semaines. Elle coûte entre 30 000 et 50 000 euros (hors équipements informatiques), en fonction des conditions d’installation. Une mouture de 23U est également proposée par Schneider Electric.

L’industriel français vient également de mettre sur le marché une solution d’entrée de gamme, sans refroidissement, ni dissipation thermique. Vendue moins de 5 000 euros, le Micro Datacenter Xpress, certifié pour les serveurs UCS de Cisco, peut être déployé en 2 ou 3 semaines selon Schneider Electric. Cette offre qui se veut plug and play, disponible en 24 ou 42U, a notamment été retenue par une chaîne de restauration rapide au Brésil.

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Crédit photo : dvanzuijlekom via Visualhunt.com / CC BY-SA

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