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Oracle réclame plus d’1 milliard de dollars à Google pour Java

crédit photo © laurent hamels - Fotolia.com
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L’échec des tentatives de conciliations entre Oracle et Google laisse entendre que l’affaire se terminera au tribunal. Google estime ne pas devoir plus de 100 millions de dollars à Oracle.

Malgré les deux tentatives de conciliations ordonnées par la Justice (les 19 puis 21 septembre), Oracle et Google ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente. Depuis octobre 2010, l’entreprise de Larry Ellison poursuit celle dirigée par Larry Page pour exploitation illégitime des technologies Java dans son OS mobile Android (plus précisément dans sa machine virtuelle Dalvik qui permet, après recompilation, d’exécuter des applications écrites en Java).

Au contraire, il semble bien que la rencontre n’ait fait qu’ajouter un peu d’huile sur le feu. Oracle réclame aujourd’hui à Google plus de 1,16 milliard de dollars de dédommagement : 201,8 millions pour les violations de brevets et 960 millions pour la violation de propriété intellectuelle, selon le calcul établi par Iain Cockburn, professeur d’économie à l’université de Boston, rapportent nos confrères de eWeekEurope.co.uk. Un moindre mal par rapport aux plus de 6 milliards originellement réclamés par le numéro 1 des bases de données mais rejeté par un tribunal américain le 22 juillet dernier.

Google a peu de chance d’en sortir indemne

Mais c’est évidement beaucoup trop pour Google qui estime que, si préjudice il y a, celui-ci ne dépasse pas les 100 millions de dollars. La vérité se situe-t-elle entre les deux sommes? Difficile à dire mais, selon l’expert en licences des logiciels Florian Muller, Google devra probablement payer pour l’usage de Java, acquis pour mémoire par Oracle avec le rachat de Sun Microsystems. « Les chances pour Google de sortir indemne de ce procès sont plutôt minces », écrivait-il, la veille de la rencontre.

La situation reste néanmoins ouverte, selon Florian Muller. Le tribunal pourrait ordonner une troisième rencontre ce qui « pourrait indiquer qu’un accord philosophique a été trouvé et que les parties doivent finaliser les détails, dans ce cas, la présence des deux Larry [Ellison pour Oracle et Page pour Google, NDLR] pourrait ne plus être plus nécessaire », note l’expert dans un billet signé du 22 septembre. Mais dans le cas contraire, les deux entreprises se dirigent tout droit vers le procès fixé au 31 octobre prochain et « le résultat pourrait être très mauvais pour Google, poursuit Florian Muller. […] Google pourrait se retrouver dans une situation dans laquelle Oracle détient une injonction permanente entre ses mains ». Ce qui pourrait freiner l’expansion d’Android alors que Google a investi plus de 12 milliards de dollars sur Motorola notamment pour son portefeuille de brevets.

Crédit photo : © laurent hamels – Fotolia.com

  1. lu ailleurs (mais cet interprétation resterai à confirmer) :
    « Si Google avait produit une implémentation issue de celle réalisée par Sun Microsystems, elle serait passée sous licence GPL, grâce au principe de viralité. Un logiciel utilisant un élément sous GPL ne peut être redistribué que sous cette même licence. Dans ce cas de figure, Oracle ne peut pas agir. Mais, comme expliqué plus haut, Dalvik ne s’appuie pas sur la version officielle de l’implémentation de Java. »

    cela ressemble à du billard à 5 bandes :

    *1 oracle affirme que dalvik contient du code java

    *2 google affirme que dalvik suit les spécifications java, maisest entièrement réécris

    *3 oracle changerai de stratégie et reconnaitrai que si java est GPL, les spécifications ne le seraient pas (tordu) : une machine java non issues d’un fork de java viole ses brevets …. Corolaire, toute machine java écrite à partir de java est « libre de droit ».

    *4 Google, qui distribue sa machine Dalvik dans une licence proche de la GPL, n’a plus qu’à reconnaitre que Dalvik n’est qu’un fork de JVM … ce qui semblait, il y a peu être le cas.

    Si cette interprétation est la bonne, alors Google aurait réussi à faire reconnaitre par Oracle que java est soumis à la GPL … et ce serai plutot Oracle qui se serait mis dans une drole de situation : à partir d’un fork, on peut quand même réécrire 95% d’un soft ! C’est ce qui se passe avec OpenOffice, qui expurge IOpenOffice tout son code java …