Partage de Bouygues, SFR prêt à payer 4 milliards, Iliad 2 milliards

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Stéphane Richard a confirmé que les discussions sur le rachat de Bouygues Telecom étaient sur le point d’aboutir. La presse évoque un chèque de 4 milliards d’euros pour SFR et de 2 milliards d’euros pour Iliad pour la reprise d’actifs.

Les négociations sur l’acquisition de Bouygues Telecom seraient « sur le point d’aboutir », a déclaré Stéphane Richard hier en marge du show Hello de présentation des nouveautés d’Orange. « Les points sur les grands équilibres du partage sont arrêtés », a-t-il ajouté.

Pas un dépeçage

Le dirigeant évoque évidemment la répartition des actifs de Bouygues Telecom pour maintenir l’équilibre du marché. « Il ne s’agit pas d’un dépeçage comme j’ai pu le lire dans la presse mais aucun acteur n’est en mesure de reprendre seul les actifs de Bouygues Telecom. » Autrement dit, la totalité du réseau de la filiale télécom de Bouygues, ses clients et ses boutiques, doivent être répartis entre Orange, SFR (Numericable-SFR) et Free (Iliad). Sur ce point, nos confrères des Echos précisent que Patrick Drahi serait prêt à mettre 4 milliards d’euros pour acquérir les clients de Bouygues Telecom. De son côté, Free mettrait 2 milliards d’euros pour reprendre des fréquences, des points hauts et une bonne partie des boutiques.Ce qui s’inscrit aussi dans la volonté d’assurer toutes les chances de succès possibles à un projet que regardera attentivement l’Autorité de la concurrence.

Si les grandes lignes du dossier sont tracées, il n’en reste pas moins à régler les détails. Stéphane Richard s’est néanmoins refusé à préciser sur quel(s) dossier(s) se heurtent les négociations. Il assure cependant tout faire pour ne pas dépasser le 31 mars, date limite souhaitée par Bouygues pour trouver un accord. Soit moins de 15 jours alors que l’opérateur historique joue la courroie de transmission entre le groupe de BTP d’une part, et les deux autres opérateurs du marché d’autre part. Ce qui impose probablement des allers-retours chronophages dans un contexte de plus en plus urgent. Passé cette étape, il faudra également convaincre l’Etat de céder une partie de ses 23% du capital d’Orange au profit de Bouygues qui en souhaite jusqu’à 15%.

Couverture des zones grises

Toujours en marge de la présentation, en réponse aux questions des journalistes, Stéphane Richard est revenu sur la question de la couverture mobile des zones blanches. Si l’opérateur entend bien respecter ses engagements réglementaires visant à couvrir en 3G les centres bourgs d’ici 2017, il n’a pas caché son intérêt pour les zones grises, non concernées aujourd’hui par la réglementation mais « où la réception de la téléphonie mobile est mauvaise ». C’est notamment le cas de certaines zones des grands axes de transports qu’Orange entend couvrir. L’opérateur a récemment déployé 300 sites pour assurer l’accès à la 4G tout au long de l’axe TGV Paris-Lyon. Il va poursuivre ses efforts sur les 6 principales lignes de TGV et les 10 grands axes autoroutiers. « Il faut vraiment améliorer l’expérience de connectivité de nos utilisateurs là où ils en ont besoin et pas dans les zones où il n’y a personne », a souligné le dirigeant. Un pragmatisme de bon sens.

Enfin, Stéphane Richard a indirectement répondu à Free qui réclame la redéfinition des règles de déploiement de la fibre optique dans les zones AMII (appel à manifestation d’intentions d’investissement). Lors de la récente présentation des résultats 2015 d’Iliad, le directeur général Maxime Lombardini, évoquait des avantages de positions et des « petites choses qui nous pénalisent ». « Je ne peux pas suivre ceux qui prétendraient aujourd’hui vouloir remettre en cause ce cadre mis en place avec l’ensemble des opérateurs et le régulateur il y a plus d’un an, a déclaré le PDG d’Orange. Il est basé sur l’idée d’apporter certain avantage au primo-investiseur, c’est-à-dire celui qui prend le risque. Ce n’est pas un sujet de régulation. Si des problèmes concret de contentieux sur tel ou tel aspect techniques subsistent, on les regardera avec le régulateur. Mais cela ne nécessite pas de remise en cause globale. »

Stéphane Richard est par ailleurs convaincu que, « si on ne touche pas à l’équilibre du système, notamment dans la complémentarité publique privée », l’objectif du plan France très haut débit (THD), qui vise à apporter le THD terrestre sur 80% du pays d’ici 2022, sera atteint. Quitte à accentuer la présence d’Orange auprès des collectivités locales dans le cadre du déploiement des réseaux d’initiative publique (RIP). « Partenaire d’un certain nombre de grands réseaux [RIP], Orange va essayé d’être encore plus présent dans ce domaine auprès des collectivités locales car ce déploiement doit se mener simultanément partout, dans les zones denses et les zones moins denses. »


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