Orange-Bouygues : les négociations se sont poursuivies après l’échec

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Les opérateurs auraient tenté de trouver une issue de la dernière chance après l’échec du mariage raté entre Orange et Bouygues Telecom.

Orange, Bouygues, SFR (Altice) et Free (Iliad) n’ont pas voulu croire à l’échec annoncé le 1er avril du rachat de Bouygues Telecom par l’opérateur historique qui aurait alors redistribué les actifs acquis pour équilibrer le marché. Et les différents protagonistes du feuilleton officiellement lancé le 5 janvier 2016 auraient repris les négociations pour tenter de trouver une issue de la dernière chance. Ils se seraient de nouveau réunis le 4 avril pour reprendre les discutions, rapporte le JDD. En vain.

Il est néanmoins intéressant de voir quelles nouvelles concessions chacun des participants était prêt à faire pour ramener le marché de quatre à trois opérateurs. Une nécessité visiblement trop forte à leurs yeux pour rester sur un échec. Rappelons que, selon des informations qui n’ont cependant jamais été officialisées par les intéressés, Orange aurait racheté Bouygues Telecom pour 9 milliards d’euros et revendu 4 000 des 15 000 points hauts du réseau mobile à Free pour 2,2 milliards ainsi que 300 (des 550) boutiques. SFR aurait signé un chèque de 4,3 milliards pour récupérer le reste de l’infrastructure réseau, et l’ensemble des abonnés low cost (B&You) et entreprise. Enfin, Bouygues récupérait 12% du capital d’Orange sous certaines conditions imposées par Bercy, celles-là même qui auraient fait capoter l’affaire, Martin Bouygues les jugeant inacceptables.

Bouygues futur propriétaire d’Orange ?

Mais la concentration du marché s’inscrivant comme une stratégie incontournable pour la santé des télécoms français, tout le monde, y compris le ministère de l’Economie, était prêt à assouplir sa position, toujours selon l’hebdomadaire dominical. Bercy aurait ainsi proposé de ramener à deux an et demi, au lieu de 7 initialement, le gel de la participation de Bouygues dans Orange (clause de  standstill) pour empêcher le géant du BTP de monter « naturellement » trop vite dans le capital de l’opérateur historique. Et le blocage du droit de vote, finalement double, de Bouygues aurait été limité aux seules grandes décisions stratégiques. De son côté, Orange était prêt à assumer les principales pénalités financières en cas d’échec (rejet de l’opération par l’Autorité de la concurrence), Free oubliait ses conditions suspensives (accès à au moins 75% des points hauts du réseau) sur le transfert des antennes de Bouygues Telecom et SFR s’engageait à supporter davantage les garanties de passif.

Mais Martin Bouygues aurait finalement coupé court à toutes les offres alors que « on était à genoux devant lui », rapporte un responsable d’un des opérateurs cité anonymement par le JDD. Pour une raison qui reste inexpliquée à ce jour. Ce qui ouvre une nouvelle hypothèse : celle que Martin Bouygues arracherait du prochain gouvernement post-2017 la possibilité de racheter les 23% du capital que l’Etat détient encore dans Orange et devenir le premier actionnaire du premier opérateur télécom français. De la pure spéculation pour l’heure.


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