Panne chez British Airways : une simple surtension sur des équipements réseau ?

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British Airways assure que la panne qu’il a subie n’a rien à voir avec sa politique d’outsourcing en Inde, mais provient d’une surtension sur des équipements réseau qui a fait planter le bus de messages interne. Un début d’explication qui renferme encore quelques zones d’ombre.

Face à la polémique qui enfle outre-Manche, British Airways sort peu à peu de son mutisme quant à l’origine de la panne qui a paralysé ses opérations sur les aéroports londoniens de Heathrow et Gatwick pendant plus de deux jours. Dans la presse britannique, la compagnie est pointée du doigt pour la culture de la baisse des coûts impulsée par son Pdg, Alex Cruz. En cause notamment : un contrat d’outsourcing avec l’Indien TCS qui expliquerait pourquoi, selon les syndicats, la compagnie n’a pas su faire face à la panne de ses systèmes, faute de personnels compétents à Heathrow samedi dernier. La société possède deux datacenters à côté de son siège de Waterside, tout près de Heathrow.

Cruz
Alex Cruz

British Airways (BA) s’emploie aujourd’hui à balayer tout lien avec sa politique d’outsourcing. Selon la compagnie, la panne qui a entraîné l’annulation de quelque 600 vols n’a rien à voir avec le contrat TCS. Mais a été provoquée par des équipements réseaux qui ne sont pas parvenus à prendre en charge une surtension électrique, ce qui aurait entraîné une panne d’un système de messagerie interne. L’entreprise ne détaille pas davantage l’enchaînement des événements, ni de quel système de messagerie il s’agit. Il est probable toutefois qu’elle fasse toutefois ici référence à un bus de messages reliant des applicatifs métiers. « Des dizaines de millions de messages sont échangés chaque jour entre quelque 200 systèmes sur le réseau BA et [la panne] a affecté tous ces systèmes », a ainsi précisé Alex Cruz sur la chaîne de télévision Sky News.

Des équipes locales, pas des prestataires indiens

C’est ce scénario qui expliquerait pourquoi le plan de secours s’est révélé inopérant, selon les affirmations des dirigeants de BA. « Nous n’avons pas été en mesure de restaurer et d’utiliser certains de nos systèmes de sauvegarde parce qu’ils ne pouvaient pas faire confiance aux messages qui circulaient entre eux », a détaillé Alex Cruz, lors d’une autre interview. Et le Pdg d’insister sur le fait que le scénario de la panne n’a strictement aucun lien avec l’externalisation de certaines parties de l’IT maison à l’Indien TCS. « Toutes les parties concernées par cet événement particulier n’ont été impliquées dans aucun type de sous-traitance dans aucun pays étranger », a insisté Alex Cruz, indiquant que les équipes en charge de la maintenance des équipements en cause étaient constituées de salariés locaux. 

British Airways a précisé qu’il allait conduire une enquête approfondie sur cette panne majeure, afin d’éviter toute répétition. Plusieurs questions méritent en effet d’être éclaircies. Comment une simple surtension a-t-elle pu endommager des équipements réseaux censés être protégés contre ces irrégularités de l’alimentation électrique ? Pourquoi la perte de certains équipements réseau a fait dérailler l’intégralité du bus de messages ? Et, enfin, pourquoi un système aussi critique que cette messagerie entre 200 applications métiers n’était pas mieux protégé contre les pannes ? La compagnie n’indique toutefois pas si elle rendra cette enquête publique.

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