Parti démocrate US : un piratage purement interne ?

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Le piratage du Parti démocrate serait l’œuvre d’une action interne et non de la Russie selon d’anciens analystes de la NSA. La presse américaine reste dubitative.

L’article de The Nation datant du 9 août suscite une polémique aux Etats-Unis. Il revient sur le piratage du DNC (Democratic National Committee), en charge de la campagne d’Hillary Clinton, candidate du Parti démocrate, pendant l’élection américaine. Selon des anciens analystes de la NSA (anonymes), les résultats de leur enquête montrent que ce piratage s’apparente à une fuite de données et que son auteur est à chercher en interne.

Un pavé dans la mare, car depuis le début de cette affaire, les yeux se tournent vers la Russie et notamment un mystérieux pirate nommé Guccifer 2.  Les autorités américaines soupçonnent que derrière ce nom se cache deux agences du renseignement russe, le FSB et le GRU. Elles auraient réussi à pirater quelque 20 000 e-mails de correspondance entre les hauts responsables du parti démocrate, qui ont été publiés par Wikileaks.

Polémique sur le taux de transfert des documents volés

La thèse défendue par les analystes de la NSA est tout autre. En effet, en analysant les métadonnées de Guccifer 2, la taille des fichiers est trop volumineuse pour avoir été transmis par Internet. « Le soir du 5 juillet 1996, près de 2 To de données ont été récupérées depuis le serveur du DNC, l’opération a duré 87 secondes. Cela donne un taux de transfert de 22,7 Mo par seconde ». Pour les experts, à la mi-2016, il n’existait pas de fournisseur d’accès à Internet capable de télécharger des données à cette vitesse. Pour atteindre une telle vitesse, le téléchargement des données s’est fait sur une clé USB ou un support de stockage amovible. CQFD : le piratage venait de l’intérieur du parti démocrate et non de la Russie.

Une théorie qui vient apporter de l’eau au moulin de Donald Trump évoquant en 2016 une cause interne au piratage de DNC avant de se rétracter. Mais plusieurs journaux ont du mal à souscrire à cette analyse et crient au complot. Le New York Mag revient sur l’argument principal, le taux de transfert. « La plupart des vitesses se calculent en mégabit et non en mégaoctet par seconde. Ce qui fait que 22 Mo par seconde devient 176 Mbits par seconde ». En tout cas en pleine période de fake news, il sera difficile de connaître la vérité sur cette affaire. Enfin, pour le moment…

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