Plan social : débrayage en vue chez SFR

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En protestation des risques que la réorganisation de SFR fait peser sur la santé des salariés, les syndicats appellent à un débrayage aujourd’hui.

Les syndicats sont de nouveau sur le pied de guerre contre la direction de SFR. Dans un élan commun, CFDT, CFE-CGC, CGT, UNSA et CAT appellent les salariés à un débrayage ce jeudi 9 mars sur l’ensemble de la France. « Notre entreprise va mal, ses salariés le vivent mal, et certains vont même très mal », dénoncent en cœur les représentants syndicaux dans un tract qui appelle « l’ensemble des salariés du groupe à cesser le travail de 13h à 15 heures et rejoindre la mobilisation à l’entrée de tous les sites ».

Et de rappeler, pêle-mêle, les difficultés que rencontrent les employés de SFR depuis des mois à travers les projets d’externalisation, le gel des augmentations pour 2017, des conditions de travail délétères ou encore « un dialogue social piétiné ». Une politique de gestion qui pèserait sur la santé des collaborateurs. « Risques psycho-sociaux, explosion de l’absentéisme, épuisement professionnel, risques physiques, accidents et maladies professionnelles » menacent la cohésion des équipes, s’inquiètent les syndicats.

L’acquisition de SFR par Numericable Group (Altice) fin 2014 a entrainé une réorganisation de l’entreprise qui continue visiblement de peser sur le moral des troupes d’autant qu’elle est loin d’être finalisée. La direction a en effet lancé un l’accord « New Deal » qui vise à se séparer de 4000 collaborateurs d’ici la mi 2019 au terme de l’accord sur la préservation de l’emploi signé au moment du rachat et qui prendra fin en juin prochain. Un accord signé par la CFDT et l’Unsa mais désapprouvé par la CGT ni la CFE-CGC.

Rester compétitif

Cette dernière organisation a d’ailleurs engagé des poursuites contre l’opérateur pour escroquerie sur la préservation de l’emploi et dénonce plus de 1200 départs contraints. Soit 11% des effectifs du groupe. Auxquels est venu s’ajouter, fin 2016, le millier de salariés de la branche distribution non concernée par l’accord de préservation des emplois. Les syndicats redoutent également les externalisations des services réseaux et support à l’horizon 2019 vers Intelcia et ERT, des filiales d’Altice. Dans son audit commandé par la CFE-CGC, le cabinet indépendant Sextant notait que « si le transfert des centres d’appels de SFR SC vers Intelcia était confirmé il serait selon nous à haut risque pour les salariés transférés, que se soit en termes d’évolution salariale, de conditions de travail, de volume de charge…et plus largement de préservation de l’emploi au sein des sites ».

De son côté, la direction de SFR revendique cette nécessaire restructuration pour rester compétitif sur un marché français ultra concurrentiel. Tout en mettant en avant les efforts d’investissements qui lui ont permis de rattraper son retard sur la 4G et la volonté d’accélérer les déploiements du très haut débit (THD) fixe. Autant de mouvements qui ont pesé sur la base d’abonnés. Depuis l’arrivée d’Altice fin 2014, SFR a perdu plus d’un million de clients forfaits mobiles. Et l’opérateur a été le champion des plaintes à son encontre en 2016. La sortie de crise risque s’annonce difficile.


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