Le pôle Systematic Paris-Région entre bilan et ambitions pour ses 10 ans

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A l’occasion de ses 10 ans, Systematic invitait quelques-uns de ses membres à partager leur vision prospective de l’industrie numérique du futur.

Pour fêter ses 10 ans d’activités d’accompagnement de projets innovants des PME, le pôle Systematic Paris-Région a invité quelques-unes des sociétés membres lors de sa convention annuelle qui se tenait aujourd’hui, mardi 26 mai, à Paris (au Palais Brongniart). Nous avons suivi l’intervention de quelques-uns de leurs représentants qui avaient pour mission de présenter, en quelques minutes, l’activité de leur société et donner une vision prospective du futur à travers six grandes thématiques : la mobilité, les systèmes d’information et la cybersécurité, le numérique et la santé, l’industrie du futur ou encore les villes intelligentes. Des présentations introduites et encadrées sur scène par Jean-Noël de Galzain, vice président de Systematic et PDG de Wallix (qui va tenter l’aventure en Bourse).

Changer le paradigme de la sécurité du SI

La thématique du système d’information et la cybersécurité a notamment été l’objet de la constitution récente, en 2014, d’un nouveau groupe de travail chez Systematic dans le cadre de son plan stratégique 3.0, qui s’est d’abord attaché à en identifier les enjeux. Et ils sont énormes. « Plusieurs éditeurs d’ERP, CRM, GED, moteur de recherche, etc., sont impliqués à travers plusieurs dizaines de produits identifiés et catalogués », a rappelé Stéphane Fermigier, président du groupe Logiciels Libres au sein du Pôle qui a évoqué un marché mondial à 100 milliards de dollars pour les éditeurs, 50 milliards d’euros en France en y ajoutant les intégrateurs. Pour le dirigeant d’Abilian, l’offre doit aujourd’hui se différencier à travers sept axes d’innovation : l’intégration de la dimension collaborative au sein des ERP 2.0, le suivi temps réel, la sémantique, la valorisation des données, les architectures pour le long terme, l’utilisateur au centre des usages, et l’agilité maitrisée.

Sous couvert de ne pas négliger la sécurité. « Le SI doit être pensé par et pour la sécurité, a insisté Jean-Pierre Tual, directeur des relations industrielles chez Gemalto et président du groupe de travail « Confiance Numérique et Sécurité ». Il faut passer d’un système réactif à un système pro-actif. » Ce qui implique un changement de paradigme dans la conception avec « des SI câblés, résilients et de ‘privacy’ par construction ». Pour le responsable, « il faut passer d’un système à somme nulle (où lorsque l’on ajoute de la facilité on retire de la sécurité) à un environnement où les agents fonctionnent à somme positive ». Une vision que Arnaud Dupuis, cofondateur de GenyMobile (qui se présente comme le Red Hat d’Android), schématise en soulignant que la sécurité pour l’entreprise consiste avant tout à sécuriser les données. Pour lui, il est évident que « le DSI doit s’inscrire au centre de la sécurité mobile ».

L’assistance des personnes dans l’Industrie du futur

La thématique Industrie du futur a été représentée par les sociétés Balyo et Diotasoft. La première conçoit des robots dédiés à l’industrie des chariots élévateurs industriels, loin de l’image d’Epinal (si l’on peut dire) du robot humanoïde à la Star Wars. « Je vais vous décevoir mais nous sommes encore loin d’atteindre l’état de l’art avec les robots, nous n’en sommes pas encore à pouvoir leur demander de nous apporter un café », lance Raul Bravo, cofondateur de Balyo. Pour lui, le futur de l’évolution de la robotisation passera par l’interaction avec les humains. « Permettre à un robot de collaborer avec des personnes fait partie des choses difficiles à régler dans le futur, ajoute le dirigeant. Notre vision est celle d’un humain renforcé grâce au robot. »

C’est aussi, d’une certaine façon, celle de Lionnel Joussemet qui, à travers Diotasoft, propose des solutions de réalité augmentée (RA) pour les industriels en matérialisant les données sous forme visuelle à partir d’interfaces dédiées (tablettes, lunettes…). Une matérialisation des données industrielles dans les espaces de travail qui met ainsi l’information technologique à la portée des agents de terrain qui ne sont pas nécessairement ingénieurs. De plus, de par leur interaction avec l’application, ces agents fournissent en retour des informations précieuses à l’industriel pour améliorer son produit. Dans la vision de Lionnel Joussemet, le décloisonnement du SI, des équipes d’ingénieurs et autres bureaux d’études avec les agents de terrain constitue l’un des axes de fonctionnement de l’usine du futur.

Moins consommer d’énergie

Un futur qui passera par une meilleure gestion de l’énergie incontournable face à une demande qui tendra à doubler d’ici 2050 alors qu’il faudra réduire par deux les émissions carbonées dans le même temps. Mieux connaître la consommation des bâtiments du secteur tertiaire pour cibler les points à améliorer est la mission que s’est donné la société Smart Impulse qui propose Smart Analyser, un boîtier d’analyse des flux électriques. « Nous sommes convaincus que l’énergie la plus propre et la moins chère est celle qu’on ne consomme pas », avance le dirigeant Charles Gourio. Après 200 bâtiments équipés et 1,5 million de mètres carrés analysés, les résultats sont là : « 10 à 15% de consommation inutile peuvent être économisés, soit 40 000 euros par an. » Ce qui promet un rapide retour sur investissement. Mais Smart Impulse entend aller plus loin et va se développer autour de deux axes de travail : construire une base de données du parc électrique afin d’apporter un référentiel de consommation aux entreprises, « ce qui n’a jamais été fait » assure le dirigeant; et identifier les données électriques utilisées en temps réel « pour informer comment consommer moins cher et plus respectueusement de l’environnement ».

Moins consommer, c’est également ce que propose Oledcomm à travers une technologie de « morse optique » sur LED pour transporter les données numériques. Une offre qui permet avant tout de faire de la géolocalisation indoor « avec une précision de 10 cm », précise son cofondateur Suat Topsu, pour fournir de l’information contextualisée et palier l’usage des ondes électromagnétiques pour mettre en place les liaisons de communication sans fil. Ce qui permet au dirigeant d’y voir « une double économie » en passant à l’éclairage à LED, faiblement consommateur, et la réduction du nombre de bornes et routeurs Wifi (et la consommation énergétique qu’ils entrainent). « Systematic est une usine à produits, avec plus de 150 sociétés membres, et pas seulement à projets », a conclu Jean-Noel de Galzain.


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