Processeurs ARM pour serveurs : AMD n’y croit (presque) plus

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A l’occasion d’une conférence, la Pdg Lisa Su laisse entendre que AMD va prendre ses distances avec les solutions ARM pour serveurs, faute de demande du marché.

Est-ce la fin des haricots pour ARM chez AMD ? Le rival d’Intel sur le marché des processeurs x86 est en train de revoir sa stratégie en matière d’architecture pour serveurs. Après avoir annoncé en 2013 son intention d’alimenter ce marché avec la plate-forme concurrente au x86, le fondeur de Sunnyvale avait présenté sa première puce ARM, l’Opteron 1100, en janvier 2014. L’idée étant de tirer partie de la consommation modérée de l’architecture ARM pour proposer une alternative au x86 et tenter de séduire des entreprises confrontées à la hausse des coûts énergétiques dans leurs datacenters.

[A lire aussi notre dossier : Serveurs : ARM peut-il réellement menacer le x86 ?]

AMD projetait même de mettre sur un pied d’égalité les puces ARM et x86 dans son catalogue, via le projet SkyBright. Mais le lancement commercial effectif des puces ARM pour serveurs n’a eu lieu que deux ans plus tard, début 2016. AMD semblait donc se hâter lentement d’investir un marché détenu à 90% par Intel pour y introduire des composants dotés d’une architecture jusqu’alors surtout utilisée dans le monde du mobile et de l’embarqué (et des supercalculateurs).

« Poursuivre avec le x86 »

Les propos qu’a tenus Lisa Su (en photo ci-dessus) ne vont certainement pas arranger les choses. A l’occasion d’un discours prononcé cette semaine dans le cadre du Forum Global Technology Leadership à Vail (Colorado), la CEO d’AMD a laissé entendre que l’entreprise allait recentrer ses efforts sur les puces x86 pour serveurs. « Les exigences des centres de calculs sont très, très élevées, et nous ne sommes pas encore en mesure de parvenir à ce que je qualifierais de proposition suffisante [avec les composants ARM], a déclaré la responsable selon des propos repris par Computerworld. Nous allons poursuivre avec le x86. La transition pour nous, en termes de croissance sur le marché du datacenter, sera beaucoup plus rapide avec x86. »

[A lire aussi : Puces serveurs x86, Power et ARM: qui sont les plus puissantes ?]

Dans l’immédiat, AMD va donc concentrer sa stratégie sur sa nouvelle architecture Zen. Ces processeurs x86 pour serveur alignant jusqu’à 32 cœurs, et potentiellement renforcés par un calculateur graphique Radeon, devraient atteindre le marché début 2017. Une déclinaison desktop en 4, 6 et 8 cœurs pourrait être livrée avant la fin de l’année. Néanmoins, Lisa Su laisse entendre que AMD réfléchit à conserver l’offre ARM au sein de son catalogue.

Et pour cause, le nombre d’acteurs proposant des solutions ARM pour le prometteur marché des serveurs pour datacenters ne cesse de grossir. Parmi les potentiels concurrents, citons AppliedMicro, Cavium, voire Broadcom ou, plus récemment, Qualcomm. En d’autres termes, ARM entend se tenir prêt au cas où la demande en composants ARM se mettrait à décoller. Mais en restant en retrait, l’entreprise de Sunnyvale risque de se faire couper l’herbe sous le pied par les acteurs les plus dynamiques du domaine. Dans tous les cas, la décision d’AMD de prendre du recul sur ARM n’est pas une bonne nouvelle pour ce dernier, qui peine toujours à se faire une place sur le marché des serveurs.


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