Qualcomm et Nokia structurent le LTE-U dans la MulteFire Alliance

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Avec le MulteFire, Qualcomm et Nokia entendent pousser l’usage des fréquences Wifi 5 GHz sur les réseaux mobiles LTE.

Qualcomm et Nokia viennent d’annoncer la MulteFire Alliance. Cette nouvelle alliance, qui pour l’heure compte Ericsson et Intel autour du bureau des décideurs, se donne pour mission de développer et promouvoir MulteFire. Derrière ce nom curieux (qui signifie quelque chose proche de « beaucoup de feu ») se cache le LTE-U, une technologie au standard LTE qui s’appuie sur les bandes de fréquences non licenciées pour offrir des services de data et voix mobiles. Particulièrement la bande des 5 GHz aujourd’hui utilisée par les réseaux Wifi (802.11a).

En exploitant une bande spectrale non soumise à licence, la MultiFire Alliance entend élargir l’écosystème des technologies LTE aux opérateurs mobiles et fournisseurs d’accès en place comme à de nouveaux entrants telles des entreprises ou des propriétaires de bâtiments dans le cadre de déploiement de réseaux privés. Les opérateurs mobiles pourraient également profiter du LTE-U pour étendre leurs services voix et data dans les zones non couvertes par leur réseau.

Mutualiser les technologies

« MulteFire peut agir comme un « hôte neutre » avec la capacité de servir les utilisateurs à partir de plusieurs opérateurs, en particulier dans les endroits difficiles à atteindre tels que l’intérieur de locaux, les sites et les entreprises », explique Stephan Litjens, president du conseil de l’alliance et responsible de l’offre Strategie et Analytics chez Nokia.

L’initiative sonne comme une offensive en règle face à la Wifi Alliance qui, sans formellement s’opposer au partage de la fréquence 5 GHz (par définition ouvertes à tout le monde), cherche à en conserver la jouissance technique. En août dernier, la Wifi Alliance et les membres de ce qui n’était pas encore la MulteFire Alliance s’étaient écharpés sur la question. La première pointant les risques d’interférence que les stations LTE-U risqueraient de provoquer sur les hotspots Wifi. Risques réfutés par les équipementiers et opérateurs mobiles, notamment en adoptant le protocole « Listen-Before-Talk » (qui consiste à n’utiliser les frequences que lorsqu’elles ne sont pas occupées) utilisé en Europe et au Japon. Au contraire, la nouvelle organisation entend mutualiser les technologies pour le plus grand profit des utilisateurs finaux.

Pousser son adoption sur le marché

« Avec MulteFire, les consommateurs et les opérateurs pourront profiter de la combinaison de la 4G-LTE avec la performance d’une connexion WiFi, dans des environnements locaux, assure Ed Tiedmann, responsable de l’ingénierie chez Qualcomm. Les utilisateurs bénéficieront d’une connectivité renforcées quand ils se déplaceront dans des environnements tels que les centres commerciaux et les bureaux d’entreprise, grâce aux caractéristiques mobiles de MulteFire et ses options d’intégration aux réseaux nationaux. »

MulteFire entend donc englober l’ensemble des développements technologiques du LTE-U en vue d’inciter son adoption par les acteurs de l’industrie. Notamment en mettant en place un programme de certification des équipements, à l’instar de la Wifi Alliance. Bref, construire l’écosystème autour de cette nouvelle technologie. En attendant que la 3GPP se charge de la spécifier dans sa prochaine release.


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