Rachat de SanDisk : Western Digital devient un acteur clef de la mémoire Flash

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Le spécialiste des disques durs Western Digital aligne 19 milliards de dollars pour s’offrir SanDisk et une place dans le top 3 mondial des fabricants de mémoires flash.

Western Digital, un des principaux fabricants de disques durs dans le monde, met 19 milliards de dollars sur la table, en cash et en actions, pour s’offrir le spécialiste des mémoires flash SanDisk. « Cette combinaison est la nouvelle étape dans la transformation de Western Digital en une entreprise de solutions de stockage globale, disposant d’actifs étendus en termes de produits et de technologies et d’une expertise solide sur les mémoire non-volatiles », indique le groupe dans un communiqué. Et d’ajouter que ce rachat va lui permettre de doubler son marché adressable.

Western Digital (WD) offre 86,50 dollars par action Sandisk, soit une surprime de 15 % par rapport au cours de clôture de l’action du spécialiste de la mémoire Flash mardi. Un cours qui avait déjà grimpé sur fond de rumeurs insistantes de rachat. Les modalités du rapprochement proposé par WD sont sensiblement différentes en fonction de la concrétisation – ou pas – d’un investissement de 3,8 milliards de dollars du groupe Unisplendour (filiale de la société d’Etat chinoise Tsinghua Holdings) dans le spécialiste des disques durs.

L’aval probable de Toshiba

Née en Californie en 1970, Western Digital (WD) affiche un chiffre d’affaires annuel d’environ 15 milliards de dollars. Fondée plus tard, en 1988, SanDisk est entré au Nasdaq en 1995 et a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 6,6 milliards de dollars (à 29 % dans les SSD et à 38 % dans les mémoires amovibles), pour un bénéfice d’environ un milliard. Le groupe a mutualisé ses efforts de production avec Toshiba, le numéro deux mondial de la mémoire flash (avec 21,9% de parts de marché au dernier trimestre 2014). La co-entreprise « Flash Forward » a ainsi été créée.

SanDisk a donc vraisemblablement du obtenir la bénédiction du groupe high-tech japonais avant toute revente. Nul doute que ce dernier a dû marquer sa préférence pour l’option Western Digital, plutôt que pour l’autre entreprise pressentie pour reprendre SanDisk, Micron Technologies, le 4e fabricant mondial de flash et concurrent direct de Toshiba. En mettant la main sur SanDisk, actuel numéro 2 (avec 21,9 % du marché, selon Statista), Micron aurait pris le leadership sur le marché de la flash Nand, devant Samsung et Toshiba donc. Qui plus est, Micron a un partenariat de longue date avec Intel, autre acteur sur le marché de la mémoire flash (avec environ 7 % des ventes).

Fusion-IO dans la corbeille

Dans son communiqué, WD assure d’ailleurs que la fusion ne remet pas en cause la co-entreprise avec Toshiba. A l’issue du deal, que les deux sociétés espèrent clore au 3ème trimestre 2016, Steve Milligan, l’actuel patron de WD, restera à la tête du groupe, tandis que son homologue de SanDisk, Sanjay Mehrotra, est appelé à rejoindre le conseil d’administration du groupe ainsi créé. Dans l’opération, WD récupère également les cartes accélératrices de Fusion-IO, rachetées pour 1,1 milliard de dollars par SanDisk en juin 2014.

Cette prise de position de Western Digital sur le marché de la mémoire flash était attendue. Dès 2009, WD a cherché à amorcer ce virage vers la mémoire « numérique » (c’est-à-dire basée sur des puces et non plus un support magnétique) avec l’acquisition de Silicon Systems. Le deal s’était traduit par le développement d’une gamme de SSD professionnels. En 2013, WD mettait la main sur deux autres acteurs de la flash avec sTec (en juin pour 340 millions de dollars), spécialiste des SSD, et Virident Systems (en septembre pour 685 millions de dollars), spécialiste des cartes PCIe à base de flash.

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