Rafi Haladjian : ‘entre Ozone et Violet, il fallait faire un choix’

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Le patron de la start-up explique pourquoi il a accepté l’offre de Neuf
Cegetel

On ne s’y attendait pas vraiment. Ce lundi, Neuf Cegetel a annoncé, pour un montant tenu secret, le rachat d’Ozone, petite start-up spécialisée dans les réseaux Wi-Fi métropolitains et ‘pervasifs’. Attaché à une approche atypique, basée sur l’implication de l’utilisateur comme moteur du déploiement, son fondateur Rafi Haladjian expliquait lors du lancement d’Ozone : « Nous voulons nous affranchir des opérateurs et des choix politiques. Ce réseau n’appartient à personne ».

Aujourd’hui, Ozone assure la couverture d’environ 60% de Paris intra-muros selon des chiffres communiqués par la société en février. Elle revendiquait alors 5.000 utilisateurs, dont 3.000 abonnés. Mais le rachat par Neuf Cegetel remettra-t-il en cause le modèle décalé d’Ozone ?

Pourquoi abandonner l’aventure Ozone ?

En fait, je n’avais pas vraiment le choix. Depuis 2003, je mène de front deux batailles : Ozone mais aussi Violet qui commercialise les lapins Wi-Fi, le Nabaztag. Je me suis rendu compte que je ne pouvais gérer les deux en même temps. Des deux bébés, il fallait en choisir un. J’ai décidé de me séparer d’Ozone car le projet est désormais moins excitant, il est autosuffisant et ne demande plus que de la réplication. Violet est au contraire en pleine expansion et exige beaucoup de travail. S’impliquer à 200% est difficile pour un seul homme.

Il faut dire aussi que Violet est plus rentable qu’Ozone ?

En effet, Violet génère un chiffre d’affaires supérieur (10 à 12 millions d’euros). Les ventes du lapin Wi-Fi ont dépassé nos espérances (130.000 en France). Mais Ozone est une société saine, l’Ebitda sera positif cette année.

Pourquoi Neuf Cegetel s’est-il porté acquéreur ?

Le réseau Ozone et ses 3.000 abonnés va venir renforcer le réseau Wi-Fi de Neuf Cegetel à travers son offre Twin. Mais cela n’est pas le plus important. Neuf Cegetel ne s’est pas offert une base d’abonnés mais bien un savoir faire, un élan. Le modèle d’Ozone représente une nouvelle manière de faire des télécoms, avec une approche virale et pervasive centrée sur l’utilisateur. C’est cette richesse qui intéresse Neuf Cegetel.

Neuf Cegetel a-t-il l’intention de modifier le modèle économique d’Ozone ?

Il faut leur poser la question mais je ne crois pas. Les modalités actuelles (gratuité pour ceux qui étendent eux-même le réseau et 18 euros par mois pour un débit symétrique de 2 Mb/s ou 1,5 euros de l’heure ainsi qu’un combiné sans fil permettant de téléphoner gratuitement dans la zone Ozone) ne devraient pas changer.

Désormais, allez-vous vous concentrer exclusivement sur Violet ?

Oui, deux défis importants sont à relever. Nous n’avons pas fait assez d’international et il s’agit désormais d’attaquer les Etats-Unis et le reste de l’Europe. Chose que je ne pouvais faire lorsque je dirigeais aussi Ozone. Notre but est de voir des lapins Nabaztag partout.

D’autres projets ?

Nous allons lancer des timbres RFID grand public. On pourra les coller sur des objets pour qu’ils deviennent reconnaissables. Par exemple, en collant un timbre sur une boîte de médicament, celle-ci pourra communiquer avec son propriétaire pour l’avertir qu’il est l’heure de son traitement. On pourra décliner ce concept à l’infini.

Après avoir lancé FranceNet et Ozone envisagez-vous un retour dans les télécoms et l’accès ?

Je m’interdit d’avoir des idées, c’est trop fatigant… Désormais, je pense que les opportunités à saisir ont été saisies et qu’aujourd’hui il est temps de passer à autre chose.


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