Au 1er trimestre 2016, SFR passe dans le rouge

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SFR subit une perte de 41 millions d’euros au premier trimestre 2016. La faute à la fuite des abonnés mobiles, selon l’opérateur.

L’année 2016 commence mal pour SFR. Financièrement parlant. Avec un chiffre d’affaires de 2,57 milliards d’euros au premier trimestre, l’opérateur accuse un recul de 6,1% par rapport à la même période en 2015 (2,74 milliards). La tendance s’accentue sur les revenus (Ebitda). A 851 millions, ils chutent de 9% (935 millions l’année dernière). La marge en prend un coup et perd 1,1 point (33,1%). Au final, la filiale d’Altice accuse une perte de 41 millions contre un bénéfice de 743 millions au premier trimestre 2015. Le résultat pèse sur le ratio d’endettement qui passe à 3,8% contre 3,3% précédemment.

1 million de clients perdus

Ce recul s’explique essentiellement par la baisse de l’activité grand public même si la fuite des abonnés mobile ralentit : -28 000 contre -144 000 un an auparavant. Et la guerre commerciale qui a repris à travers les nombreuses promotions se fait sentir. Cela se traduit par une baisse de 4,9% de l’activité B2C qui génère 1,76 milliard d’euros sur le trimestre. Mais le B2B n’est gère épargné. A 515 millions, le chiffre d’affaires du secteur chute de 7,6%. C’est pire pour l’activité wholesale (grossiste) plombée de 9% à 851 millions.

En volume de clients, ces mauvais chiffres traduisent une perte de près d’1 million d’abonnés mobiles grand public. SFR compte désormais moins de 14,9 millions au 31 mars 2016 contre plus de 15,8 millions en 2015. Heureusement le revenu mensuel moyen par abonné (Arpu) ne bouge pas à 21,8 euros. Le volume de clients en entreprise baisse de plus de 200 000 à 2,1 millions. Au final, l’opérateur compte moins de 17 millions de clients mobiles contre près de 18,2 millions il y a 12 mois.

SFR reste optimiste

Moins fluide, les abonnements fixes (fibre, câble et ADSL) sont moins impactés. Leur nombre passe de 6,5 millions à 6,3. Malgré les 286 000 nouveaux clients en très haut débit (dont 66 000 sur le seul trimestre) qui pousse à près de 1,9 million le nombre d’abonnements « fibre ». Mais l’Arpu accuse le coup et tombe à 38,7 euros contre 40,1 précédemment.

Malgré ces mauvais résultats, SFR reste optimiste et compte sur la base de clients stabilisés, les services « enrichis » et un « repositionnement tarifaire » (plutôt à la hausse) pour « améliorer significativement les revenus » sur les prochains trimestres. La filiale française du groupe de Patrick Drahi peut espérer tirer parti de ses investissements dans le réseau. L’accélération des déploiements des sites 4G (985 nouveaux sur le trimestre) permet à l’opérateur de combler son retard ses concurrents (à commencer par Free). Et les 420 000 nouvelles prises très haut débit (câble ou fibre) lui permettent d’adresser 8,1 millions de logements désormais éligibles. L’objectif des 22 millions de prises pour 2022 reste maintenu à raison d’un rythme de déploiement annuel de 2 millions de résidences.

La stratégie risquée des contenus

Enfin, Altice est convaincu que la stratégie de convergence des réseaux (fixe et mobile) se conjugue avec celle des contenus. SFR a ainsi été poussé à acquérir les 49% du capital de NextRadioTV jusqu’alors détenus par la maison mère Altice. Et sera prochainement le propriétaire d’Altice Media Groupe France (Libération et L’Express notamment). Le 27 avril dernier, les dirigeants de SFR et NextRadioTV annonçait une nouvelle stratégie pour l’opérateur avec l’accès à des offres de contenus presse et de bouquets TV pour les abonnés (sports, news…).

« Ces projets d’acquisitions font partie de la stratégie de convergence de SFR pour renforcer son offre de contenus de SFR en vue de réduire le taux d’attrition, d’augmenter l’ARPU et de faire croitre le chiffre d’affaires (y compris les nouvelles recettes publicitaires) », est convaincu l’opérateur. Qui feint d’oublier que Jean-Marie Messier, s’y était essayé sans succès au milieu des années 90 à l’époque de la Compagnie générale des eaux/Vivendi (il est vrai que le haut débit restait alors à déployer) et qu’Orange y a laissé quelques plumes aussi. Et, même si les prix tendent à remonter sur les offres fixes aujourd’hui, rien de dit que la course aux abonnés mobiles que ne manquent pas de se livrer les quatre opérateurs français après l’échec du rachat de Bouygues Telecom par Orange jouera en la faveur de SFR. Le titre Numericable-SFR perdait lui plus de 6% ce matin à l’Euronext Paris.


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crédit photo © maxime_dufour


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