Rupture d’adresses IPv4 en Amérique du Nord

OperateursRégulationsRéseaux
13 136 2 commentaires

Il n’y a plus d’adresses IPv4 en Amérique du Nord. La migration vers IPv6 devient donc un passage obligé, selon le registre américain des numéros Internet.

Plan de disette obligatoire pour l’Amérique du Nord en matière d’adresses Internet. L’ARIN (American Registry Internet Number) a officiellement communiqué hier qu’il n’y avait plus d’adresses IPv4 disponibles sur le territoire. Une situation de paupérisation causée en partie par le développement des appareils connectés (IoT), qui a fait exploser les besoins en adressage. Au point que les 4,3 milliards d’adresses disponibles au total sur IPv4 ne suffisent plus.

L’ARIN avait dès cet été tiré la sonnette d’alarme en activant la procédure Unmet Request Policy prévoyant l’instauration d’une liste d’attente pour la réattribution d’adresses. Autre possibilité : trouver des vendeurs d’adresses, mais les stocks sont très faibles et les prix peuvent être dissuasifs.

Une bascule vers IPv6 en cours

La meilleure solution est de basculer vers IPv6. John Curran, président de l’ARIN, a expliqué à nos confrères de Fortune : « Nous n’allons pas aller bien loin avec les 6 dernières adresses dont nous disposons et avec le système de liste d’attente. Nous disons à tout le monde que nous sommes au fond de la piscine et nous raclons les fonds de tiroir ». Il encourage donc les opérateurs et les fournisseurs de services à migrer le plus rapidement vers IPv6.

Les différents acteurs ont d’abord rechigné dans cette migration qui nécessitait des investissements réseaux importants. Et ont, dans un premier temps, utilisé le système de translation d’adresse IPv4 vers IPv6 pour repousser au maximum l’opération. Aujourd’hui, opérateurs et fournisseurs rendent leur réseau compatible en IPv6 natif et constate des améliorations de performances. Ainsi, les utilisateurs de Facebook en IPv6 accèdent au réseau scoail de 20 à 40% plus rapidement que leurs ‘amis’ sous IPv4. Mais cette migration ne va pas assez vite au goût de Tim Berners Lee, papa de l’Internet et évangéliste chez Google : « nous avons élaboré Internet il y a 40 ans et nous avions prévu 4,3 milliards de terminaisons. Mais c’était en laboratoire. Aujourd’hui, Internet est le système sanguin du commerce et de la communication. Son extension et sa viabilité passe par l’adoption d’IPv6 ».

A lire aussi :

L’Europe attribue ses derniers blocs d’adresses IPv4

Internet : un trafic à 4,5 Mbit/s en moyenne dans le monde

Crédit Photo : Profit Image-Shutterstock

Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur