Samsung veut démocratiser l’eSIM avec sa dernière smart watch

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Pour la Gear S2, Samsung fait le choix d’embarquer dans sa montre la carte SIM virtuelle de la GSMA. Premier pas vers le remplacement de la SIM par l’eSIM ?

Avec le lancement en mars prochain de sa dernière montre connectée, Samsung inaugure l’usage de l’eSIM (Embedded Subscription Identity Module) dans l’univers des objets connectés grand public. « Nous sommes heureux de vous présenter la Samsung Gear S2 classic 3G, pas seulement comme point de départ pour d’autres dispositifs destinés à être connectés, mais comme une initiative dans notre engagement à soutenir le développement du marché de l’Internet des objets (IoT) », se réjouit Yunsang Park, vice-président sénior de la division R&D du Coréen à l’avant-veille de l’ouverture du Mobile World Congress 2016 de Barcelone. En se connectant au réseau mobile de l’opérateur, la nouvelle smart watch s’affranchira ainsi du smartphone pour communiquer. « Les clients utilisant la Gear S2 pourront laisser leur portable à la maison, ils resteront joignables », déclare Yves Maitre, responsable de objets connectés et partenariats chez Orange.

L’eSIM, une SIM autonome

L’eSIM s’inscrit comme une carte SIM intégrée à l’appareil de manière inamovible et indépendante de l’opérateur. L’utilisateur peut ainsi installer sur la puce un « profil » de réseau d’opérateur de son choix pour bénéficier d’un service de connexion mobile. Ce qui ouvre la perspective de nouveaux designs d’appareils connectables aux réseaux mobiles sans nécessairement lier les utilisateurs à un opérateur lors de l’achat de l’objet en question. Et d’éviter de délicates manipulations de cartes électroniques de plus en plus petites. Sans négliger le gâchis évité à chaque changement de SIM, ce qui joue favorablement en faveur du respect de l’environnement. Surtout si les objets connectés sont appelé à se développer par centaines de millions d’unités dans les prochaines années. De même, garder la même SIM permet également de conserver les éventuelles données qui y sont stockées. Enfin, plusieurs appareils embarquant une eSIM pourront se partager la même ligne mobile ce qui évite à l’abonné de jongler avec différents forfaits.

Samsung précise que son eSIM répond aux critères technologiques définis au sein de la GSMA, par un parterre d’opérateurs et d’industriels dont Orange, Singtel, StarHub, Telefónica, TeliaSonera et Vodafone, ainsi que les fabricants de SIM Gemalto, Giesecke & Devrient (G&D) et Oberthur. De quoi assurer une large couverture d’offres à l’échelle mondiale mais qui risque de rester, dans un premier temps, limité au niveau national. Néanmoins, plus de 20 opérateurs participent aux travaux de la GSMA sur ce qu’on appelle aussi la Virtual SIM. « Samsung et ses partenaires s’efforcent de s’assurer que cette solution eSIM offre une couverture complète dans toutes les régions et soit disponible à plus de consommateur », indique le groupe d’électronique.

640 millions de connexions eSIM en 2020

Pour l’heure, il s’agit d’une première version (la phase 1) de l’eSIM destinée aux appareils connectés, de grande consommation comme d’objets à usage industriels. A commencer par le marché de l’automobile dont la GSMA estime que 252 millions de véhicules seront connectés via une SIM virtuelle d’ici 2020. En juin prochain, la GSMA devrait aborder la question de l’eSIM destinée aux smartphones et qui embarquera des fonctionnalités différentes ou supplémentaires que l’offre dédiée aux objets connectés (à commencer par le support du LTE/4G). Ce qui laisse supposer que l’eSIM est l’avenir naturel de la SIM amovible. A condition que le marché l’adopte.

L’offre de virtual SIM n’est d’ailleurs pas tout à fait nouvelle dans le monde des objets connectés. L’opérateur NTTDocomo la propose au Japon depuis 2014 dans sa gamme de services M2M. Et Apple distribue sa propre SIM, amovible cependant, pour certains de ses iPad laissant au client le choix de l’opérateur aux Etats-Unis. Mais l’initiative du jour de Samsung marque néanmoins une percée vers la voie de la démocratisation des objets connectés aux réseaux mobiles à travers l’usage d’eSIM non propriétaires. La GSMA estime ainsi que le marché de l’eSIM standard génèrera 639 millions de connexions en 2020 contre 478 millions pour les modèles propriétaires.


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