SAP : tentative de dissipation du brouillard autour de S/4 Hana

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Pas facile de s’y retrouver parmi les annonces de SAP concernant sa nouvelle ligne d’applications S/4 Hana. Cloud et sur site ? Remplaçants ou concurrents ? SAP Insider à Nice fut l’occasion d’essayer de faire la lumière sur cette rupture évidente, mais non assumée.

Depuis janvier, on entend vraiment de tout et tous azimuts a propos de la nouvelle-future gamme d’application SAP S/4 : « des applications S/4 sur une plateforme Cloud, qui pourrait aussi exister sur site » ; « une ligne S4 incarnant le futur des progiciels très intégrés SAP, mais pas au détriment des solutions existantes » ; « une compatibilité ou une possibilité de communication entre anciennes versions et S/4 », etc. Essayons d’y voir plus clair.

Une rupture qui ne dit pas son nom

Si-Mohamed Said, SAP
Si-Mohamed Said, SAP

« S/4 est le nom d’une ligne d’applications totalement nouvelles et réécrites. Cette marque regroupera toute la panoplie d’applications d’entreprise et d’applications métier : finances, logistique, manufacturing, etc.», précise Si-Mohamed Said, responsable marketing global Enterprise App & UX chez SAP.

Par ‘totalement réécrite’, comprenez libérée du poids et de l’héritage de plusieurs décennies de technologies. Bref : une rupture qui ne dit pas son nom. Même si le mot ne plait pas à SAP, qui se souvient avec douleur du “syndrome R3’’. Pourtant, n’est-ce pas là aussi un moyen de se libérer de chaînes qui plombent non seulement les performances, mais aussi l’agilité et la flexibilité ?

« Ces applications sur le Cloud et sur site doivent assurer le lien avec les progiciels classiques », ajoute Si-Mohamed Said. Une version de Hana Cloud Platform devrait en effet être disponible sur site et assurer un pont entre les applications traditionnelles et les solutions S/4. « Les versions S/4 sur site autoriseront plus de personnalisation, et offriront des extensions et fonctions plus évoluées », annonce Si-Mohamed Said. « Toutefois, le cœur fonctionnel des versions sur site et Cloud sera identique, favorisant le choix (et la portabilité) entre Cloud public, privé ou hybride. La future Hana Cloud Platform sur site (on premise) rendra aussi possible l’utilisation combinée native d’applications Cloud et traditionnelles. Cependant, nous conserverons des connecteurs pour les entreprises ne souhaitant pas installer Hana Cloud Platform sur site. »

Du Cloud, mais pas uniquement…

SAP a déjà annoncé faire évoluer et supporter ECC 6 (et même toute la gamme Business Suite) jusqu’en 2025. Assez de temps pour convaincre les entreprises faisant tourner les précédentes générations d’ERP de l’Allemand de migrer vers la plateforme Hana pour tirer pleinement profit de nouvelles technologies et de meilleures performances, pour un retour sur investissement logiquement plus rapide. Plusieurs scénarios de migrations sont possibles comme nous l’expliquions il y a peu.

Quelques différences majeures restent à considérer dans les deux cas de figure. « Sur les solutions traditionnelles, SAP poursuivra ses mises à jour annuelles sous la forme d’Innovation Packs. Quant à S/4 (sur le Cloud), les mises à jour sont trimestrielles », précise le responsable marketing. Et l’on peut même penser que ce rythme trimestriel, bien long sur le Cloud, sera revu à la baisse. « Comme déjà annoncé, les versions Cloud seront disponibles avant les versions sur site. Sur le Cloud, Simple Finance est déjà disponible. Tandis que plusieurs modules seront disponibles d’ici fin 2015, comme Logistics, Procurement, Manufacturing, Ventes, etc.»
A l’image de ce que l’on peut voir chez Salesforce.com, SAP proposera trois familles d’applications Cloud : Marketing (segment très porteur), Project Services (gestion de projet) et Enterprise (ERP).

Vers des systèmes applicatifs tout SAP ?

De nombreuses entreprises utilisent des logiciels SAP Business Suite avec une base Oracle, ou en lien avec Oracle Financials. Comment peuvent-elles maintenir ces combinaisons et leurs développements ? « L’exécution sur Hana reste possible, d’autant plus que la couche sémantique des données de Hana le permet. En outre, nous assurons le maintien de la Business Suite jusqu’à 2025 », répond Si-Mohamed Said. « Par ailleurs, Oracle Financials peut absolument fonctionner sur Hana. En effet, tout éditeur peut faire certifier ses applications sur la plateforme. Et les clients sauront l’exiger si nécessaire. » L’éditeur allemand multiplie les annonces qui évoquent l’ouverture depuis plusieurs semaines : langage ‘R’ sur l’analytique, Cloud Foundry sur l’infrastructure, etc.

En discutant avec divers responsables SAP lors de l’événement Insider à Nice, on pouvait constater des hésitations. Ainsi, ils étaient plutôt réservés sur l’avancement des nouvelles solutions en mode SaaS, et sur les différences entre les versions en ligne et sur site de Hana Cloud Platform.

Si l’expression “rupture technologique“ n’était plus un tabou, peut-être serait-il plus simple de démontrer les avantages comparés d’une plateforme flexible de nouvelle génération avec un socle intégré commun face à une combinaison de technologies et de rachats successifs forcément moins performante et optimisée.

Les concurrents ou nouveaux entrants ne se privent pas, eux, de démontrer les avantages des plates-formes API, d’insister sur leur flexibilité et sur le développement agile qu’elles permettent. Forcément en rupture avec l’existant… souvent d’un autre éditeur.

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Crédit photo : Dominique Lavoie / Shutterstock

Auteur : José Diz
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