Semiconducteurs : Altis repris par le Belge X-Fab

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A la barre du tribunal de commerce, X-Fab, un industriel allemand contrôlé par des capitaux belges, reprend le Français Altis et ses 965 salariés.

Placé en redressement judiciaire le 4 août dernier, le fabricant de semi-conducteurs Altis a été récupéré à la barre du tribunal de commerce par X-Fab, une grosse PME (réalisant 330 millions d’euros de chiffre d’affaires) contrôlée par une holding belge. Cette société de 3 800 personnes, qui possède l’essentiel de ses capacités de production en Allemagne, a été préférée à deux spécialistes chinois du secteur, Smic et Sitri. X-Fab récupère ainsi les 965 salariés d’Altis et son site de production de Corbeil-Essonnes. Selon le tribunal de commerce, l’offre de X-Fab valorise les actifs d’Altis à hauteur de 18,5 millions d’euros, soit un peu mieux que les 17,8 millions proposés par Smic. Au-delà de cette différence, l’offre du groupe européen se révèle plus sécurisante, celle-ci n’étant accompagnée d’aucune condition suspensive et étant assortie d’une garantie de l’emploi pour 800 salariés au minimum au cours des 5 prochaines années.

Surtout, comme l’expliquent les mandataires sociaux dans les Echos, le Belge amène une vision à long terme. Et de noter que X-Fab se positionne notamment sur le segment de l’industrie automobile, dont les besoins sont moins volatils que ceux de la téléphonie mobile. Le projet de X-Fab, qui a reçu le soutien des salariés d’Altis, prévoit d’investir 100 millions d’euros dans la société française au cours des 10 ans qui viennent, dont 60 millions sur les quatre prochaines années. X-Fab vise un retour à un excédent brut d’exploitation dès 2018.

La fin des années Sabeg

Cette reprise à la barre du tribunal de commerce solde la fin de l’ère Sabeg. Principal actionnaire d’Altis depuis 2010, date du rachat de l’activité à IBM et Infineon, Yazid Sabeg, l’ex commissaire à la diversité du gouvernement Fillon, n’est pas parvenu à stabiliser l’entreprise, qui pèse environ 100 millions d’euros, ni à diversifier les activités, trop dépendantes d’un seul client (GlobalFoundries). Yazid Sabeg avait également échoué à adosser Altis au groupe franco-italien STMicroelectronics.

Avant son placement en redressement judiciaire, Altis avait déjà reçu une offre de reprise non sollicitée émanant de X-Fab. Mais Yazid Sabeg, qui contrôlait alors 57 % du capital (contre 43 % pour le fonds d’investissement Qatari Diar), n’avait pas donné suite dans les temps. Il avait tenté de relancer cette piste quelques jours avant que son groupe ne soit placé en redressement judiciaire, après que l’Etat a réclamé début juillet le paiement par la société de 70 millions de dettes. En vain, les relations entre l’ex du gouvernement Fillon et l’industriel allemand s’étant dégradées au fil du temps.

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Crédit photo : Altis

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