Avec Sequana, Atos en marche vers le supercalculateur exascale

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Thierry Breton a invité Emmanuel Macron pour dévoiler le supercalculateur Sequana. Compact, dense, efficace en termes de consommation énergétique, le supercalculateur d’Atos propose une puissance d’un petaflops et s’inscrit dans la perspective de l’ordinateur exaflopique.

On n’aura jamais autant vu de photographes s’intéresser à un supercalculateur. Sequana, développé par les équipes de Bull-Atos dirigées par Thierry Breton, a eu ce privilège. Certes, il a été aidé par la présence du très médiatique ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, venu inaugurer ce saut technologique que représente cette « formule 1 » de l’informatique.

Une bête de course

Philippe Vannier, directeur général de Bull, ne tarit pas d’éloges à propos de ce supercalculateur : « c’est la machine de tous les superlatifs, plus dense, plus efficace énergétiquement, plus compacte… ». Et de donner un peu plus de détails. L’encombrement au sol est de 5 m², pour un poids estimé de plus de 4 tonnes. Le module présenté comprend 3 baies pour une puissance de calcul actuel de 1 petaflops. « Auparavant, il fallait 150 baies pour atteindre ce niveau », précise le dirigeant. Côté processeurs, Atos-Bull poursuit son partenariat avec Intel et les puces Xeon Phi taillées pour le HPC (High Performance Computing).

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Au total, 20 000 cœurs trouvent leur place dans Sequana, « ils sont capables de réaliser 400 millions d’opérations à chaque cycle de cadence du processeur et cela 2,5 milliards de fois par seconde », poursuit Philippe Vannier. Pour autant, le partenariat avec Intel n’est pas exclusif. Pierre Barnabé, directeur de l’activité Big Data et sécurité chez Atos, assure ainsi que des discussions ont lieu avec ARM et que certaines configurations peuvent embarquer des couples GPU-CPU via Nvidia.

Sequana économe en énergie

Autre point d’intérêt du Sequana, la consommation énergétique a été revue largement à la baisse. Thierry Breton monte au créneau sur le sujet : « avec la puissance de traitement actuelle et si nous avions gardé la même architecture, nous aurions besoin de l’équivalent d’une tranche de centrale nucléaire pour faire tourner la machine et son refroidissement ». Sequana a donc bénéficié de recherches approfondies pour aboutir à une consommation de 300 kilowatt (environ 90 kilowatt par baie).

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Le refroidissement est assuré par un système d’eau chaude (ci-dessus) pour maintenir la température à 40°, ce qui donne un PUE (Power Usage Effectiveness, indicateur d’efficacité énergétique) proche de 1, assurent les différents responsables. A noter que le moteur de refroidissement est intégré dans la machine, ce qui débouche sur un gain de place conséquent. Des optimisations ont été menées dans d’autres domaines comme le stockage, avec une baisse de la duplication des objets, la capacité à s’auto-réparer (self healing) pour éviter les micro-pannes. Sur la partie réseau, Atos mise sur une solution maison, BXI (Bull Interconnect Exascale), une puce composée de 5 milliards de transistors capable de gérer une bande passante élevée (150 Gbit/s) avec une faible latence.

Des travaux sur le quantique avec le CEA

Voilà donc Atos armé pour conquérir le traitement exflopique des données, soit 1018. « Nous commençons avec un petaflops aujourd’hui, l’année prochaine nous allons multiplier par 30 cette capacité et d’ici 2 ans, nous allons encore multiplier par 30 pour atteindre le 900 petaflops. D’ici 2020, le supercalculateur exascale sera une réalité », pronostique Thierry Breton. Côté client, « tous les secteurs industriels sont concernés, la pharmacie, l’automobile, l’aéronautique, la Défense et même l’Internet des objets », énumère le dirigeant. Le premier nom cité est le CEA qui a collaboré à l’élaboration de Sequana et qui sera un des premiers servis (une annonce doit être faite en ce sens au mois de mai prochain). Atos va aussi bénéficier de Sequana, qui va motoriser son offre Big Data nommée Codex.

Mais la SSII ne compte pas s’arrêter là et les équipes travaillent déjà sur le prochain saut technologique, l’ordinateur quantique. « Il y a un travail commun avec le CEA sur différents sujets qui touchent à l’informatique quantique, les Qbits pour éviter les décohérences, les langages de programmation, etc. », assure Thierry Breton, qui entrevoit la bascule vers le quantique entre 2025 et 2035. Une orientation qui satisfait Emmanuel Macron : « l’économie produit des volumes importants de données, mais aujourd’hui elles sont très peu utilisées. Le HPC apporte une réponse à ceux qui doutent encore de la productivité du numérique sur l’économie ». Avec Sequana, le ministre considère qu’on touche à « la souveraineté numérique » et promet de soutenir tous les projets qui vont dans ce sens. Thierry Breton acquiesce en sollicitant un peu plus d’aides financières et ne désespère pas d’obtenir un soutien de la Commission européenne. Le HPC made in France est en marche.

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