SFR peine à colmater la fuite des clients au premier trimestre

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Malgré ses investissements massifs, SFR continue de perdre des clients au premier trimestre. Si le chiffre d’affaires s’améliore, les bénéfices reculent.

Rien n’y fait. Malgré ses investissements massifs dans le réseau et les contenus, les résultats de SFR restent mitigés au premier trimestre 2017. Si l’opérateur affiche un chiffre d’affaire en hausse de 5,1% sur un an à 2,7 milliards d’euros, son résultat net recule à 334 millions contre 421 millions début 2016.

Certes, les investissements ont progressé (de 13,1%), ce qui pèse sur les bénéfices. Le capex s’élève à 486 millions contre 430 millions douze mois auparavant (et 775 millions au dernier trimestre 2016). Mais l’Ebitda ajusté s’inscrit aussi en recul à 820 millions contre 851 en 2016 (et 954 fin 2016). Du coup, le taux d’endettement remonte, à 4x contre 3,8x au premier comme au dernier trimestres de l’année dernière. Cela en sachant que les 123 millions de l’activité média sont venus s’ajouter au chiffre d’affaires alors qu’ils en étaient absents il y a un an. Une activité en perte de vitesse si on la compare aux 131 millions d’euros générés au 4e trimestre 2016.

Fuites de clients

La cause de ces résultats fragiles est probablement à chercher du côté des clients qui continuent de fuir leur fournisseur. Au premier trimestre, SFR comptait 14,514 millions d’utilisateurs mobiles grand public. Soit 351 000 clients (-2,36%) perdus en 1 an et 111 millions (-0,7%) depuis la fin de l’année dernière.

Néanmoins, il s’agirait pour l’essentiel d’utilisateurs des cartes pré-payées. L’entreprise revendique en effet 68 000 nouveaux clients post-payés (forfait) au premier trimestre. Gageons que l’explosion des volumes de data (100 Go chez Red, voire illimité sur les offres avec engagement) ne sont pas étrangères à cette recrudescence.

Il n’en reste pas moins que les clients fixes suivent la même tendance globale de baisse avec 213 000 foyers perdus sur 12 mois et 34 000 sur le précédent trimestre pour arriver à un parc de 6,08 millions d’abonnés au premier trimestre 2017.

Une perte compensée par une hausse de l’Arpu (revenu mensuel moyen par abonné) qui passe de 24,6 euros à 25,5 en un an (à raison de 22,6 euros contre 21,8 euros sur la partie mobile, et 35,9 euros contre 33,9 sur les offres fixes). Ce qui permet au groupe de maintenir le chiffre d’affaires de l’activité grand public, voire même de l’améliorer à 1,77 milliard d’euros (+04%). Mais celui-ci affiche un retrait inquiétant en regard du près de 1,9 milliard du 4e trimestre 2016. Conséquence d’une baisse de l’Arpu entre les deux trimestres (il s’élevait à 23 euros sur les mobiles et 36,9 euros sur les abonnements résidentiels).

Stabiliser les résultats en 2017

A 494 millions d’euros, l’activité Entreprise accuse pour sa part un net recul (-4,1%) mais montre des signes de regain en regard des 492 millions de fin 2016. L’offre VoLTE qui permet d’améliorer la qualité des communications voix HD et que SFR a lancé au cours du trimestre aurait-elle séduit les professionnels ? Enfin, la hausse à 318 millions (+7,7%) de l’activité Opérateurs (revente de capacité réseau) vient compenser le recul de l’Entreprise.

Malgré cette tendance globale à la baisse, SFR maintient ses objectifs de stabilisation des revenus pour le reste de 2017. Notamment en espérant tirer les fruits des investissements consentis dans le réseau et les contenus. Sur la période fiscale, la filiale d’Altice a tiré 318 000 nouvelles lignes très haut débit (fibre et câble) pour un total de 9,6 millions de prises THD éligibles. Et 4 201 communes ont vu arriver la 4G (voire 4G+ pour certaines) de SFR. Ce qui permet au groupe de revendiquer aujourd’hui 88% de la population couverte en 4G. Soit autant que Bouygues Telecom tandis qu’Orange, qui dispose pourtant moins de sites mobiles THD, en affiche 89%. En d’autres termes, SFR a aujourd’hui rattrapé ses concurrents sur l’infrastructure mobile. Il reste encore à convertir cet atout en parc client.

Poursuite de la restructuration

Ce qui passe aussi par la stratégie des contenus. Avec les acquisitions de nouvelles chaînes TV (chaînes Discovery, NBCU), séries (Taken et The Same Sky), et l’offre presse (avec un kiosque en ligne de quelque 80 titres), et la poursuite de sa stratégie OTT (SFR Play, SFR Sport et BeIN Sports) le groupe affiche sa stratégie offensive en la matière. Il vient d’ailleurs de remporter, ce jeudi 11 mai, la totalité des droits de la Ligue des champions.

L’amélioration des résultats devrait également passer par la poursuite de la transformation de l’entreprise. L’opérateur a clos la restructuration de son activité distribution (qui s’est soldée par le départ d’un millier de personne) et enchaînera, à compter du 1er juillet, avec celle de la partie télécoms. Toujours sur la base de départs volontaires. Au total, quelque 5000 personnes devraient avoir quitté le groupe d’ici 2019. Et autant pourrait se retrouver externalisées. Ce qui est loin d’être gagné. Selon nos informations, peu de candidats se pressent au portillon du plan social. Et l’opérateur essuie des mouvements de grève sporadiques ces derniers mois (notamment du côté de supervision du réseau). L’été risque d’être chaud chez SFR.


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