Comment la start-up Mangstor compte doper les performances du stockage

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Une appliance TGV pour le stockage de données. Voilà ce que propose Mangstor avec des SSD NMVe/PCIe. Le protocole NVMe over Fabric, bientôt standardisé, élargit la portée de ce booster du serveur au datacenter.

Les baies de type Flash et hybride ont rapidement proposé des solutions contenant des SSD. « Cependant, ces SSD sont combinés à des interfaces SAS et SATA “rafistolées” pour pouvoir les accueillir. Ce qui a cependant augmenté les performances », résume Paul Prince, CTO de Mangstor, start-up pleine de promesses rencontrée dans la Silicon Valley. « Les équipements NVMe disposent eux de leur propre interface NVMe (Non Volatile Memory Express). Avec cette nouvelle interface de stockage, ils peuvent être directement reliés au serveur (en mode DAS Direct Attached Storage).»

Stocker au plus près des applications

Stockage consolidé à très haut débit
Stockage consolidé à très haut débit.

Directement reliés aux processeurs via un bus PCIe, les SSD NVMe affichent logiquement des performances bien supérieures aux baies, bénéficiant de leur proximité avec les applications. Comme le prouve les cartes PCIe NVMe MX6300 de Mangstor (destinées à des serveurs x86) : jusqu’à 900 000 IOPS ou entrées/sorties par seconde en lecture (500 000 en écriture), jusqu’à 3,7 Go/s de bande passante pour une capacité de stockage de 2,7 To. Latence annoncée : 30 microsecondes en lecture et 90 microsecondes en écriture. Plutôt performant !

Destinée aux applications critiques nécessitant de très hautes performances, cette carte dispose d’un contrôleur la protégeant des corruptions ou pertes de données (liées aux défauts du Flash), mais aussi des coupures électriques.

La carte MX6300 dispose de pilotes NVMe intégrés permettant aux systèmes d’exploitation (Windows, Linux et VMware ESXi) d’accéder directement aux données stockées en mode bloc, sans autre interface de stockage. Enfin le logiciel Mangstor Device Management propose à l’administrateur un mode ligne de commande pour configurer, superviser, gérer et optimiser toutes ses cartes MX6300 de façon centralisée, reportings et historisation compris.

Une baie NVMe, plusieurs serveurs

La concurrence selon Mangstor
La concurrence selon Mangstor.

Les San et Nas ont été conçus pour centraliser le stockage de plusieurs serveurs. Malgré des efforts continus, les performances restent souvent insuffisantes. Et même en dédiant l’une de ses baies, les limites réapparaissent dues aux protocoles. Sans parler des coûts associés. Même totalement équipées en Flash, ces baies souffrent des contraintes et limites des architectures Fibre Chanel et iSCSI.

De leur côté, les équipements ou les cartes NVMe sont limités par leur attachement direct au serveur. D’où l’émergence du protocole NVMe over Fabric (pas encore tout à fait standardisé) permettant le partage de baies NVMe par plusieurs serveurs sur des réseaux RDMA (Remote direct memory access, à 10, 25, 40, 56 ou 100 Gbps), dont RoCE (RDMA over Converged Ethernet), iWarp (Internet Wide Area RDMA Protocol) et Infiniband. Ce sont les caractéristiques de la baie NX 6320 de Mangstor au format 2U, pouvant contenir de 2 à 4 cartes et fournir jusqu’à 12 Gbps de débit, 3 millions d’entrées/sorties en lecture (2,25 en écriture), avec des latences moyennes de 110 microsecondes en écriture et de 30 microsecondes en lecture. Le tout pour une capacité maximale de 32 To. Impressionnant !

Ni snapshot, ni réplication, ni…

Les serveurs accèdent à la baie comme s’il s’agissait d’un disque local PCIe NVMe. L’évolutivité du stockage NVMe d’une part et des serveurs d’autre part deviennent indépendants.

Comme nous l’expliquions lors du rachat de DSSD par EMC (seul concurrent clairement identifié par Mangstor), puis après une première présentation officielle de la solution lors du dernier EMC World, ces produits ne proposent ni services de données, ni snapshots, ni réplication, ni compression… L’entreprise peut toujours compléter le boîtier avec une autre solution, mais forcément au détriment des performances.

Souhaitant accélérer sa croissance en Europe, via des partenaires, Mangstor mentionne déjà l’Anglais Diamond Point international (DPI) et l’Allemand zStor.

Créée en 2001, Mangstor avait déjà levé 4 millions de dollars en 2013, complétés par 10,2 millions supplémentaires en 2015. Le rachat de DSSD par EMC aurait-il rassuré les investisseurs sur la pérennité de ce type de solutions ?

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Crédit photo : Pavel Ignatov / Shutterstock

Auteur : José Diz
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