Objenious réplique aux capteurs IoT low cost de Sigfox

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Stéphane Allaire, PDG d'Objenious (Bouygues Telecom)
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Stéphane Allaire réfute les allégations de Sigfox selon qui les capteurs IoT Lora seraient 5 fois plus chers que les siens.

« Quand on parle de capteur, il faut savoir de quoi on parle. » Stéphane Allaire, PDG d’Objenious, a souhaité préciser certains points face à Sigfox. La start-up toulousaine qui vient de lever 150 millions d’euros, affirme être aujourd’hui en mesure de proposer les modules IoT au prix les plus bas face à ceux de l’industrie mobile (protocole NB-IoT notamment) et les acteurs de la Lora Alliance, ses concurrents les plus directs, avec des écarts de 1 à 5 pour ce dernier (et de 1 à 20 pour le premier). Soit entre 2 et 3 dollars aujourd’hui, et deux à quatre fois moins demain promet Sigfox. Mais, « un module Lora est dans les mêmes ordres de prix qu’un module Sigfox et pas 5 fois plus cher, conteste le dirigeant de la filiale dédiée à l’Internet des objets (IoT) de Bouygues Telecom. Le prix d’un capteur peut varier de 1 à 500 euros. Tout dépend de son usage. »

Le poids du coût de la batterie

Il réfute également l’idée que la licence Semtech (détenteur des droits sur la technologie radio Lora) pèse sur les coûts des composants. « Semtech a licencié d’autres fabricants (Murata, Microchip, STMicroelectronics…). Je ne la connais pas dans les détails mais la licence est très peu chère par module. Et elle n’est pas indexée au coût du module. » Et de faire remarquer que, souvent, l’élément le plus onéreux d’un capteur (au sens de module IoT) est la batterie. « Lora a un avantage [sur Sigfox] en optimisant la consommation de la batterie. Même si le module Lora est plus cher [que celui de Sigfox], si vous consommez beaucoup moins de batterie, vous divisez ainsi son coût sur la durée et vous aurez, in fine, un capteur moins cher. »

Si on lui fait remarquer que Sigfox a passé des accords de production de masse avec des acteurs taïwanais (qui s’appuient sur des composants de On Semiconductor et NXP notamment), Stéphane Allaire s’interroge sur les promesses de volumes avant de rappeler que la Lora Alliance a réuni 30 opérateurs en moins d’un an. « Quand vous aurez 100 opérateurs télécoms, même face à un fleuron comme Sigfox, la machine va se mettre en place. L’Alliance est un avantage certain. » Ses acteurs regardent d’ailleurs aujourd’hui comment passer des commandes groupées pour faire baisser les coûts. « Mais il faut déjà définir quel est le premier besoin commun à l’ensemble des opérateurs. »

L’œuf et de la poule

Il partage en revanche l’analyse de son concurrent. « On aura un marché de masse quand on aura réussi à baisser le coût des capteurs. C’est une bataille qu’on doit gagner demain. La bataille pour le prix des capteurs se gagnera avec les volumes. » Il ajoute que Foxconn, par exemple, est prêt à diviser les prix. « Mais à condition de passer des commandes en millions d’unités. On est fasse à des industriels qui ne veulent pas des promesses mais des carnets de commandes. » Et si les clients sont prêts à passer des commandes massives, c’est sous conditions de prix au rabais. Une nouvelle histoire de l’œuf et de la poule.

De son côté, Sigfox annonce vouloir atteindre les 100 millions d’objets en 2018 pour 2018. « A ce jour, Objenious a signé pour un volant de 20 millions d’objets rien qu’en France, dévoile Stéphane Allaire. Multipliez ce volume par le nombre d’opérateurs Lora dans le monde… On arrivera aux 30 milliards d’objets annoncés par les analystes. Et, chez Bouygues Telecom, on a des clients avec lesquels on parle de 1 à 2 millions d’objets déployés en production par an. On devrait d’ailleurs prochainement annoncer un client à un million d’objets. » Néanmoins, ce volume de commandes ne permettra pas de descendre les prix à 2 ou 3 euros par capteur avant 2018, reconnaît le dirigeant. Une analyse globalement similaire à celle de Sigfox même si la pépite française joue la carte d’une communication plus débridée que ses concurrents pour lesquels l’IoT n’est pas aussi stratégique puisqu’il constitue un levier de développement parmi d’autres. Pour Stéphane Allaire aussi, « le marché de l’IoT explosera à partir de 2018 ».


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