Syntec Numérique : le Brexit, Trump, la Présidentielle ? Même pas peur

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Le syndicat patronal des SSII et éditeurs s’attend à une croissance de 3 % du secteur en 2016. Pour le Syntec Numérique, la profondeur de la transformation numérique l’emportera sur les incertitudes de la conjoncture.

Le choc du Brexit, les incertitudes nées de l’élection de Donald Trump, l’attentisme que créent habituellement les années électorales en France ? Autant d’éléments qui auraient pu pousser le Syntec Numérique à la prudence, pour ses prévisions de croissance du secteur des logiciels et des services. Il n’en est rien. En plus de relever ses prévisions de croissance pour 2016 (+ 2,8 %, pour un syntec-2016total de 52 milliards d’euros pour les SSII, éditeurs et sociétés de conseil en technologies), le syndicat professionnel s’attend à une année 2017 encore plus florissante. Avec une croissance du secteur de 3 %, un niveau que l’on avait plus connu depuis 2011, année qui avait précisément précédé l’élection de François Hollande. Rappelons d’ailleurs que cette expansion du secteur avait à cette époque connu un coup d’arrêt très net lors de l’année d’élection de la précédente présidentielle, la croissance passant alors de 3,6… à 0,8 %.

« Aujourd’hui, la révolution numérique bouleverse toutes les organisations », explique le président du Syntec Numérique Godefroy de Bentzmann, pour justifier cet optimisme. « Même si nous ne sommes pas à l’abri d’un retournement de la conjoncture et même si le Brexit, l’élection de M. Trump et la présidentielle en France, qui ralentit traditionnellement les décisions d’investissement dans le secteur public et dans les grandes entreprises, amènent avec eux leur lot d’incertitudes », précise-t-il, prudent.

syntec-2016-synthese21 % de croissance pour le Saas

Dans le détail, c’est l’édition de logiciels qui devrait connaître l’embellie la plus significative, avec une croissance attendue à 4 % en 2017 (contre 3,5 % en 2016). Les feux sont au vert sur tous les segments (logiciels outils, applicatifs, embarqué). Sans surprise, c’est le modèle Saas qui porte la croissance. Ce mode de relation entre éditeurs et entreprises clientes devrait connaître plus de 21 % de croissance entre 2016 et 2017, pour représenter environ 17 % des dépenses totales. D’ores et déjà, en 2016, le modèle Saas représente plus d’un euro sur deux dépensés dans les applications de collaboration et de CRM en France.

syntec-2016-ssiiCôté services informatiques, Syntec Numérique s’attend à une année 2017 dans la continuité de 2016, avec une croissance de 2,6 % (soit 0,1 point de mieux que cette année). Le secteur devrait être entraîné par le conseil (+ 4 ,2 %) et par l’intégration (+ 3,8 %). En revanche, l’infogérance d’infrastructure devrait continuer son surplace. Le signe de la transformation de cette activité qu’amène le Cloud.

Le retour en grâce des DSI

Godefroy de Bentzmann
Godefroy de Bentzmann

Si Syntec Numérique se montre très optimiste pour 2017, c’est que les perspectives des DSI sont bonnes. « 84 % des DSI interrogés s’attendent à une augmentation ou à une stabilisation de leurs budgets. Cette part a encore progressé par rapport au début de l’année », se réjouit le président de Syntec Numérique, citant les chiffres d’une étude d’IDC menée en octobre. Pour ce dernier, il s’agit là d’une inversion de tendance majeure pour des « DSI paupérisées depuis les années 2000-2001 et qui ont eu pour seul mot d’ordre de réduire les coûts année après année ». Par ailleurs, le Syntec Numérique constate un retour en grâce des DSI dans les décisions d’investissement : « ils ont repris la main sur les sujets relatifs à l’innovation », assure Godefroy de Bentzmann. Même si un tiers de la dépense IT est aujourd’hui contrôlée directement par les métiers.

Un ensemble d’éléments qui ont conduit le Syntec à mettre sous le boisseau les incertitudes de la conjecture actuelle. Et à ignorer quelques indicateurs avancés comme une certaine inflexion dans la perception des entreprises du secteur. Au troisième trimestre, la part des patrons du secteur décelant une amélioration de la situation économique de leur entreprise plonge en effet assez nettement, en particulier au sein des SSII.

Le numérique à la Présidentielle ? On a comme un doute

Pour finir, signalons l’embellie très nette du conseil en technologies. Porté par des mouvements comme l’industrie du futur ou l’IoT, le secteur devrait afficher 3,2 % de croissance en 2017 (contre 2,8 % cette année). Rappelons que cette activité affichait encore des décroissances en 2013 et 2014.

Syntec Numérique a d’ailleurs profité de l’actualisation de ses prévisions pour dévoiler ses premières propositions pour la campagne présidentielle à venir, propositions portant sur l’industrie du futur. Le syndicat milite notamment pour un crédit d’impôt en faveur de la cybersécurité (afin de sécuriser les infrastructures industrielles), pour un rapprochement avec l’Allemagne sur la question des normes et standards dans l’industrie du futur et pour l’allocation de moyens financiers et humains à l’Alliance pour l’industrie du futur. Rappelons que Syntec Numérique s’est allié à d’autres organisations du numérique pour tenter de faire émerger les sujets de cette industrie au cours de la campagne qui s’ouvre. « Nous trouvons de plus en plus une oreille convaincue chez les candidats », veut croire Godefroy de Bentzmann. La récente campagne américaine, où le numérique s’était surtout invité à l’insu de la candidate démocrate Hillary Clinton (avec l’affaire des e-mails piratés), incite toutefois à la plus grande prudence en la matière.

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