De T-Mobile à Scania, Ericsson décline les usages de la 5G

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Pour le nouveau PDG d’Ericsson, Börje Ekholm, la 5G est aujourd’hui une réalité. Il ne reste plus qu’à l’appliquer.

Barcelone – « La 5G n’est plus un ‘buzzword’ désormais, c’est une réalité. » Pour Börje Ekholm, qui faisait au Mobile World Congress (MWC) de Barcelone une de ses premières apparition depuis sa nomination comme PDG d’Ericsson le 16 janvier dernier, cette réalité se traduit par des solutions et des « cas d’usages ». Le successeur de Hans Vestberg débarqué en juillet dernier ne s’est pas attardé sur ces nouvelles solutions qui avaient été présentées en amont, se contentant de rappeler qu’au-delà des progrès en matière de débits et de réduction de latence, la 5G propose « de nouvelles opportunités comme le slicing (« découpage du réseau » pour apporter des capacités spécifiques à certains endroits de l’infrastructure, NDLR) et l’intelligence artificielle[…] qui change la donne pour notre industrie et permet d’accélérer sa transformation numérique et l’automatisation du réseau ».

Cas de futurs usages

Plus que les technologies validées au fil des mois par de nombreuses expérimentations de terrain, le dirigeant d’Ericsson a préféré concentrer sa présentation sur les partenariats pour illustrer les cas d’usages et tenter de rendre réelle la 5G. Ou du moins son arrivée prochaine. « La 4G est loin d’être morte car la 5G n’est pas encore une réalité », a nuancé Neuville Ray, directeur technique de T-Mobile dont « la mission en tant qu’opérateur est de transformer l’industrie mobile aux Etats-Unis. » Une stratégie qui a permis au troisième opérateur du pays de passer de 33 millions d’utilisateurs en 2012 à 72 millions en 2016. Une transformation qui passe par celle du réseau. Dans ce cadre, le LTE « a connu une adoption phénoménale » avec deux-tiers des clients conquis. Au point que T-Mobile songe à supprimer 2G et 3G. D’ici là, le CTO de T-Mobile entend profiter de l’expérience de la 4G pour adopter la 5G qui répondra aux forts besoins de capacités en matière de transport des données. « Je crois que le réseau va connaître une transformation massive au cours des dix prochaines années », a conclut Neuville Ray.

Pour Neuville Ray, CTO de T-Mobile US, la 5G va profiter de l'expérience de la 4G/LTE.
Pour Neuville Ray, CTO de T-Mobile US, la 5G va profiter de l’expérience de la 4G/LTE.

Ce n’est pas le dirigeant de l’opérateur australien Telstra qui le contredira. « Il y a encore beaucoup d’innovation à déployer en 4G mais la demande en contenus va exploser et l’amélioration du réseau est nécessaire pour le rendre plus efficace », affirme Andy Penn qui fait des essais de 5G NR (New Radio) avec l’équipementier Suédois (et Qualcomm sur la partie terminal). Avec Hanno Basse, CTO de la Twentieth Century Fox et directeur du Fox Innovation Lab, les deux hommes ont évoqué un pilote à base de solutions Ericsson pour distribuer des contenus de divertissement vers les mobiles de manière sécurisée. L’expérimentation, qui donnera accès à des films récents de la Fox en haute définition depuis une application mobile dédiée, leur permettra de mieux appréhender les attentes des clients tout en vérifiant la composante économique et technique du modèle. Et réfléchir aujourd’hui aux attentes de demains. « Aujourd’hui nous proposons des films et des contenus TV, illustre Hanno Basse, demain ce sera peut-être de la réalité virtuelle. »

Pas un camion, un (gros) objet connecté, selon Henrik Henriksson, dirigeant de Scania.
Pas un camion, un (gros) objet connecté, selon Henrik Henriksson, dirigeant de Scania.

Une plate-forme de connectivité chez Scania

Pour Henrik Henriksson, le dirigeant de Scania, la réalité de la connectivité n’est pas virtuelle. « Nous ne voyons pas un camion mais un objet connecté au réseau », a-t-il déclaré sous forme de boutade en pointant une cabine de poids-lourd garé sur le côté de l’estrade. Un imposant objet que le constructeur de véhicule relie au Cloud depuis 2005 pour exploiter les données générées par les quelques 250 000 véhicules de l’entreprise aujourd’hui connectés et offrir des services aux clients afin qu’ils améliorent leur productivité. « 40% des transports génèrent des pertes, les transporteurs génèrent des bénéfices les sept derniers jours de l’année », a-t-il insisté. Scania One, la plate-forme de services connectés que le constructeur lance, entend aider les transporteurs à améliorer leur efficacité. Développée à partir de logiciels Ericsson dans une architecture ouverte, Scania One se présente comme une solution de gestion de flotte enrichie d’une place de marché ouverte avec des outils d’intelligence artificielle (IA) de prédictibilité qui équiperont peut-être une partie des 382 millions de véhicules connectés attendu par les analystes pour 2025.

Si la 5G n’est plus tout à fait un « buzzword », elle n’est de toute évidence pas encore une réalité. Mais Ericsson compte bien sur elle pour sortir de la crise qui frappe le secteur victime de cette transition technologique. Et multiplie en ce sens les partenariats pour constituer aujourd’hui un écosystème prometteur. Selon Börje Ekholm, qui cite une étude dont la publication reste à venir, la 5G générera plus de 1 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour l’ensemble de cet écosystème dans dix ans. « Solutions, produits, clients, usages, la 5G a pris son élan », est convaincu le PDG d’Ericsson.


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