Telegram revendique plus de 100 millions d’abonnés

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Décriée par certains, aimée par d’autres, la messagerie instantanée sécurisée, Telegram vient de passer la barre des 100 millions d’abonnés.

Telegram, application de messagerie instantanée qui insiste sur la dimension de la confidentialité des échanges, est en pleine ascension. La barre des 100 millions d’utilisateurs actifs par mois a été atteinte. Un précédent pointage en mai 2015 recensait 38 millions de membres.

Dans une contribution blog, la start-up se montre fière de recruter 350 000 nouveaux utilisateurs par jour. Tout en délivrant 15 milliards de messages par jour (un volume en hausse de 25% comparé à septembre 2015).

« Nous sommes extrêmement fiers et heureux de toute cette croissance 100% organique. Nous avions zéro budget marketing », fanfaronne Pavel Durov, CEO et co-fondateur (avec son frère Nikolai) de Telegram qui a assisté au Mobile World Congress.

Ils sont connus en Russie pour avoir créé le réseau social russe vKontakte. Mais, après avoir perdu son contrôle sur fond de lutte d’influence politique avec l’entourage de Vladimir Poutine, ils sont partis à Berlin et se montrent très actifs sur les sujets du chiffrement et de la surveillance sur Internet.

Telegram, qui était à l’origine un outil de communication interne de l’équipe vKontakte, a basculé en 2013 dans une exploitation ouverte au grand public. Avec 100 millions d’utilisateurs au compteur, Telegram reste néanmoins toutefois loin derrière les performances des services similaires que l’on trouve dans la galaxie Facebook : WhatsApp (un milliard d’utilisateurs actifs par mois) et Messenger (800 millions d’utilisateurs actifs par mois).

Une messagerie qui agace WhatsApp ?

Néanmoins, la croissance débridée de Telegram ne laisse pas WhatsApp indifférent. En décembre dernier, l’app phare de messagerie instantanée a décidé de bloquer les liens vers l’application Telegram sur Android diffusés par ses membres (les URL dans les sessions de chat laissaient place à du simple texte dénué de lien hypertexte).

Des déclinaisons de ce mano a mano entre Telegram et WhatsApp apparaissent en fonction de l’actualité. Ainsi, à la mi-décembre, lorsque le Brésil avait décidé de bloquer (temporairement) WhatsApp, Telegram en profitait pour augmenter sa notoriété (un million de téléchargements recensés en une journée). Telegram met l’accent sur la confidentialité des échanges, ce qui explique en grande partie son succès.

L’application utilise un chiffrement de bout en bout afin de les protéger des oreilles indiscrètes. A cet effet, elle exploite le protocole MTProto et propose une fonctionnalité de conversation secrète qui permet d’effacer les messages ou bien de prévoir un laps de temps avant qu’ils ne s’auto-détruisent.

En contrepartie, Telegram fait l’objet de critiques régulières car l’outil de messagerie instantanée serait susceptible de favoriser les communications à des fins terroristes.

Dans ce débat ouvert, Pavel Durov apporte son soutien à Apple dans l’affaire de l’attentat de San Bernardino en Californie. La firme de Tim Cook refuse de débloquer un iPhone pour le compte du FBI au nom de la protection des libertés individuelles.

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