Télégrammes : Google teste les chiffrements, Facebook dans le collimateur de l’Europe, 3 millions de .fr, Blackberry toujours dans le rouge

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Moins glaçants que l’actualité macabre du jour et la météo de la semaine, voici nos télégrammes du soir.

Tester son chiffrement gratuitement. Google a annoncé en début de semaine le projet Wycheproof, une collection de tests unitaires permettant de détecter les faiblesses résidant dans les algorithmes de chiffrement. L’objectif de Google : fournir aux développeurs une suite complète de tests leur permettant de confronter leurs librairies de chiffrement aux attaques connues. « En matière cryptographique, des erreurs très subtiles peuvent avoir des conséquences catastrophiques, et les erreurs dans les librairies Open Source se répètent trop souvent et demeurent présentes trop longtemps », écrivent Daniel Bleichenbacher et Thai Duong, deux ingénieurs en sécurité de Google dans un billet de blog annonçant le projet. Pour l’instant, Wycheproof comporte 80 scénarios de tests et a permis de découvrir quelque 40 bugs. Les équipes de Google précisent toutefois qu’il ne s’agit pas là d’une vérification complète de la résistance à toutes les attaques connues, juste de tests ponctuels contre les attaques pour l’instant prises en compte par le projet.

Fausses infos de Facebook : l’UE aussi. A l’heure où le premier réseau social de la planète est sous le feu des critiques pour sa propension à propager de fausses nouvelles, la Commission européenne reproche à cette même firme de lui avoir transmis des « informations inexactes ou trompeuses » dans le cadre du rachat de WhatsApp. Si les observations de Bruxelles ne remettent pas en cause l’acquisition de ce service de messagerie par Facebook (pour 22 milliards de dollars), elles pourraient lui valoir une amende salée, allant jusqu’à 1 % de son chiffre d’affaires annuel (soit près de 2 Md$ si on se réfère à son dernier exercice). La mauvaise humeur de la Commission provient d’un changement des conditions d’utilisation de WhatsApp, qui instaure un partage des données avec Facebook (sur les numéros de téléphone des utilisateurs). De quoi rapprocher les comptes d’utilisateurs présents sur les deux plates-formes. Or, en amont du rachat, la firme de Mark Zuckerberg avait indiqué à la Commission ne pas être « en mesure d’associer automatiquement et de manière fiable les comptes d’utilisateurs des deux sociétés ». Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, goûte peu la plaisanterie, elle qui vient déjà de s’attaquer à Apple (au sujet de ses impôts en Irlande) et à Google (pour abus de position dominante). Facebook a jusqu’au 31 janvier pour répondre à la communication des griefs de Bruxelles.

C’est Noël pour le .fr. Le .fr termine l’année en beauté. Symboliquement parlant du moins. L’extension de domaine France vient de franchir les 3 millions d’adresses Internet (3 007 784 en date du 14 décembre), se félicite l’Afnic, l’association chargée de la gestion du nommage Internet sur le sol français. L’extension nationale disponible pour les entreprises comme pour les particuliers a connu une croissance de 2,1% en 2016 par rapport à 2015. La France reste néanmoins en retrait de ses principaux voisins. Le .de allemand compte plus de 16 millions d’adresses enregistrées. Et plus de 10 millions pour le .uk britannique. Même le .nl des Pays-Bas écrase le .fr avec plus de 5,7 millions d’enregistrements. Et, en novembre dernier, l’Italie (.it) restait devant la France. Selon l’Afnic, le .fr n’en reste pas moins « parmi les extensions les plus dynamiques d’Europe, et se classe au 4e rang continental en termes de volume de noms de domaine ». Cocorico.

Blackberry désormais éditeur logiciel. Les mois passent et la situation de Blackberry ne s’améliore guère. L’entreprise de Waterloo affiche une perte de 117 millions de dollars sur son troisième trimestre fiscal (clos fin novembre) en hausse en regard des 89 millions de déficit un an plus tôt. Sur les neuf premiers mois d’exercice, le trou se creuse à 1,16 milliard contre un bénéfice de 30 millions en 2015. La société qui a définitivement pris le virage du logiciel en laissant la production et la distribution de ses smartphones à des partenaires tiers (TCL le dernier en date), veut néanmoins croire en la pertinence de sa stratégie. Avec un chiffre d’affaires de 160 millions (sur un total de 289 million), les division solutions et services ont connu une croissance de 50% en un an et affichent une marge confortable de 67%. 80% sont des revenus récurrents issus de quelque 3000 entreprises clientes. « Blackberry est aujourd’hui un éditeur logiciel et le leader du marché de la sécurité mobile, affirme son PDG John Chen. Nous avons atteint une étape significative au troisième trimestre en livrant la plus forte marge brute de notre histoire pour le deuxième trimestre consécutif et nous continuons à transformer notre infrastructure et l’opérationnel pour soutenir l’activité d’éditeur. » Blackberry a récemment présenté une plate-forme de gestion sécurisée pour l’IoT et vient d’annoncer l’ouverture d’un centre de développement dédié aux véhicules connectés et autonomes. Des activités à fort potentiel de développement sur le papier.


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