Thomas Delfort, Club Freelance : « Notre ADN, la relation client-consultant IT »

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La start-up Club Freelance affirme se distinguer d’autres plateformes de mise en relation en se focalisant sur l’adéquation entre le besoin client et le marché des consultants IT indépendants.

Née en 2014 à Londres de l’association d’une spécialiste en placement de freelances et d’un ancien directeur des systèmes d’information, la start-up Club Freelance vient grossir les rangs des services et plateformes de mise en relation entre travailleurs indépendants du numérique et recruteurs. Mais l’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires 2015 de 4,9 millions d’euros, affirme se distinguer de la concurrence en se focalisant sur « l’adéquation du besoin client avec le marché des consultants IT ». Les explications de Thomas Delfort (en photo) qui, avec Manuela Garampon, a fondé l’entreprise.

Silicon.fr : Est-ce la spécialité de Club Freelance (le placement de consultants informatiques) plus que son modèle « hybride », qui le distingue de plateformes concurrentes (Hopwork, 404Works…) orientées sur les développeurs et métiers du Web ?

Thomas Delfort : Les métiers de l’ERP représentent 50 % de notre activité effectivement, mais nous intervenons aussi beaucoup sur les métiers du Web. Ces derniers comptent pour environ 40 % de notre activité, le reste reposant sur différents métiers autour de l’AMOA (assistance à la maîtrise d’ouvrage) et de la gouvernance ITIL (IT Information Library, ou bibliothèque de l’infrastructure des technologies de l’information).

Cependant, il est vrai que notre connaissance des environnements ERP est un atout fort. Ce qui nous démarque, c’est la complémentarité des compétences que nous avons, Manuela Garampon (co-fondatrice) et moi. Avec plus de 16 ans d’expérience, Manuela est une experte du placement de freelances et maîtrise ce domaine. Pour ma part, j’ai été DSI de multinationales et connais donc bien les problématiques liés aux projets IT d’envergure. Ensemble, nous avons une bonne vision du marché. Par ailleurs, nous formons nos collaborateurs à la compréhension des différentes méthodologies projets et technologies, pour nous assurer que la relation client-consultant soit optimale. Le placement de consultants freelances nécessite des compétences techniques. Il faut comprendre les besoins clients qui se complexifient et, surtout, pouvoir attirer les meilleurs talents chez nos partenaires. C’est aussi ce positionnement « premium » qui fait la différence.

Pour en revenir au modèle hybride alliant plateforme et service commerciale, nous travaillons actuellement autour du concept d’intelligence augmentée. Et ce pour répondre mieux et plus vite aux besoins de nos clients. Le fait qu’une intelligence logicielle puisse proposer des recherches plus pertinentes à nos équipes leur offre la possibilité de se consacrer davantage à l’interaction avec les consultants. Car l’interaction humaine reste au cœur de l’ADN de Club Freelance, le logiciel nous permettant d’accélérer le « go to market » sans altérer les relations avec nos prospects et partenaires.

Quelle est la part des grands comptes et des jeunes pousses qui font appel à vos services ?

Après 18 mois d’activité nous avons un portefeuille clients d’une vingtaine de sociétés, certaines sont de très grands groupes, comme par exemple Microsoft France, et d’autres sont bien plus petites, c’est notamment le cas d’une start-up active dans le secteur immobilier… Et la répartition est plus en faveur des grands comptes, de l’ordre de 85/15.

Combien rapporte en moyenne une mission à un consultant IT ? Comment se rémunère Club Freelance ?

Tout dépend de la durée de la mission. Nous intervenons sur des besoins de quelques jours à plusieurs années. Il faut aussi savoir qu’il y a de grands écarts selon les métiers IT, ainsi que le niveau d’expertise et la localisation de la mission. Selon ces différents critères, les consultants établissent leur tarif, généralement avec une marge de négociation. Pour vous donner une fourchette, selon une étude de Michael Page de 2015, 50 % des freelances en système d’information ont un taux journalier compris entre 500 et 750 euros.

Et, de notre côté, nous sommes rémunérés au succès, c’est-à-dire seulement si nous avons trouvé le profil qui correspond à la mission (et inversement). Nous appliquons des frais, assumés par l’entreprise, allant de 12 à 16 % sur le tarif souhaité par le consultant indépendant. Notre service est donc gratuit pour les freelances. Quant à l’entreprise, elle ne paie que si un profil lui convient. Cela nous rend très compétitifs sur le marché car, face aux services proposant une simple mise en relation, nous assurons, à moindre coût, les phases de recherche, de sélection et de suivi.

Club Freelance Ltd est une start-up basée à Londres, et non à Paris. Pour quelles raisons ? Le vote britannique en faveur du Brexit bouleverse-t-il vos plans ?

Notre siège social est à Londres, mais nous avons aussi une antenne commerciale à Paris. Et ce pour des raisons de commodité. Au moment de la création de Club Freelance, mon associée vivait à Londres depuis près de 20 ans et souhaitait y rester. Comme elle forme notre cellule de sourcing, nous avons décidé de l’implanter ici. Londres est aussi une ville attractive pour nos recrutements internes… Mais, à ce stade, je n’ai aucune idée de l’impact que le Brexit aura sur notre activité à long terme. Concernant notre développement international, cela ne devrait pas poser de problèmes. Comme avec notre structure française, notre expansion passera par l’ouverture de filiales commerciales dans de nouveaux pays (deux sont prévus en 2017), le sourcing sera lui délivré depuis nos bureaux londoniens, où Manuela et ses équipes assureront la qualité du service.

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Auteur : Ariane Beky
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