Un bilan énergétique des TIC tout en maîtrise

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Les TIC (équipements, terminaux, datacenters) sont énergivores, mais ils contribuent à l’allègement de la facture énergétique et du bilan carbone d’autres secteurs d’activité.

Dans un rapport publié en marge de la conférence mondiale sur le climat (Cop21), l’Académie des technologies propose une évaluation de l’impact des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur la consommation mondiale d’énergie. Ce rapport de l’établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère chargé de la recherche est le fruit de la consultation d’experts et de l’analyse de données déjà publiées.

Selon un rapport Gartner de 2007, la consommation totale d’energie dans les TIC (regroupant équipements informatiques, terminaux et infrastructures telécoms, et datacenters) a un impact carbone comparable à celui du transport aérien civil, soit près de 2% du total des émissions de CO2. En 2012, dans un autre rapport – celui du réseau d’excellence européen EINS, la consommation totale mondiale du secteur des TIC a été évaluée à 920 TWh, soit 4,7 % du total mondial de l’électricité consommée dans le monde (19 500 TWh). Ceci correspond approximativement à 530 Mt de CO2, soit une empreinte carbone évaluée à 1,7 % du total mondial des émissions de GES (31 Gt en 2012).

La consommation énergétique des TIC à horizon 2020

En 2020, selon la projection des tendances du Gartner, la consommation d’électricité des TIC à travers le monde pourrait atteindre 3 270 TWh/an environ (soit six fois la consommation électrique totale française de l’année 2012). Ce qui représente une valeur moyenne de 400 g de CO2 par kWh d’électricité, soit 1,3 Gt de CO2/an. Les taux les plus élevés d’émissions de CO2 en 2020 seraient liés à l’usage général de l’informatique (57 %), devant les télécommunications (25 %) et les datacenters (18 %). La consommation totale des data centers de Google, par exemple, est estimée à 2 TWh/an, pour une puissance installée de 260 MW, qui correspond approximativement à 1,3 million de serveurs.

« Ces données s’inscrivent dans une tendance de hausse régulière et soutenue, mais dans des proportions moindres que la croissance des usages. Ce découplage traduit l’effet d’amortisseur des innovations technologiques développées par les industriels pour améliorer le rendement énergétique de leurs produits et équipements », souligne l’Académie des technologies. Elle ajoute que « les contributions des TIC à l’allègement de la facture énergétique et du bilan carbone des autres secteurs d’activité sont manifestes et appelées à s’intensifier dans le futur ». C’est le cas dans les transports, les smart grids, les smart cities… La réduction des émissions de CO2 grâce aux TIC a été évaluée à 4 Gt pour un scénario médian en 2030, selon un rapport du WWF. « Les économies par transfert sont réelles dans certains secteurs, mais mal évaluées », estime l’Académie des technologies, avant d’ajouter : « la récupération de la chaleur émise par les équipements informatiques constitue une piste qui permettrait d’amplifier ce transfert ».

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crédit photo © Syda Productions

Auteur : Ariane Beky
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