Toshiba vend finalement sa branche mémoires à Bain Capital

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Toshiba confirme qu’il retient l’offre de Bain Capital pour la reprise de sa branche mémoires flash (TMC). Malgré le conflit d’intérêt avec Western Digital.

Cette fois, c’est presque fait. Après des mois de tergiversations, Toshiba doit signer « dans les prochains jours » un accord pour vendre sa filiale Toshiba Memory Corporation (TMC) à KK Pangea pour une valeur planifiée d’environ 2 000 milliards de yens (17,75 milliards de dollars, près de 15 milliards d’euros).

Pangea est une société spécialement créée par le fonds d’investissement Bain Capital Private Equity, véritable acquéreur de la filiale dédiée aux mémoires flash de la firme japonaise.

Toshiba précise son intention d’acquérir des parts dans le capital de Pangea à travers un investissement de 350,5 milliards de yens (2,6 milliards d’euros) « dans le but d’assurer un transfert commercial stable ».

La transaction doit en effet être finalisée en mars 2018. De nouveaux éléments pourraient ainsi venir se greffer, comme la participation d’Innovation Network Corporation of Japan (INCJ) et Development Bank of Japan Inc. (DBJ).

Si les deux organismes dédiés au soutien de l »industrie japonaise faisaient initialement partie du consortium mené par Bain Capital, ils semblent pour l’heure détachés de la transaction.

« [Ils] ont exprimé leur intérêt à investir ultérieurement dans Pangea ou TMC, sous réserve du respect de certaines conditions », précise lz communiqué.

La menace Western Digital

Ensuite, les bâtons dans les roues que pourrait glisser Western Digital (WD). Le fabricant américain de disques détient des parts dans FlashAlliance, une société commune avec Toshiba et détenue par Sandisk racheté en 2015 par l’Américain (pour 19 milliards de dollars).

WD avait menacé d’empêcher la vente de cette société commune pour inciter Toshiba à lui vendre TMC.

Menace mise à exécution dans la mesure ou WD a déposé un recours contre Toshiba devant la Cour international d’arbitrage ainsi que devant une juridiction aux USA.

Mais, selon Toshiba, « l’accord prévoit que la vente de TMC peut être réalisée conformément aux termes de l’accord, même si les intérêts de la co-entreprise n’ont pas été transférés à TMC avant la clôture ».

Autrement dit, ce sera peut-être à Pangea de s’occuper d’un éventuel litige judiciaire.

Le choix de Bain Capital est une demi-surprise. La semaine dernière, la firme japonaise avait clairement confirmé sa préférence pour le fonds d’investissement en signant un protocole d’entente aux dépens des autres prétendants : WD en premier lieu mais aussi un consortium mené par Hon Hai (Foxconn), qui avait avancé 27 milliards de dollars sur la table avec le soutien d’Apple, Dell et Kingston Technology.

De son côté, Bain Capital a fait un effort. Son offre de départ s’élevait initialement à 16,4 milliards de dollars.

Avec TMC, Pangea entre sur un marché de la mémoire flash en pleine expansion pour venir concurrencer le leader Samsung et continuer à tenir tête à WD (via SanDisk).

De son côté, la vente de TMC permet à Toshiba d’éponger les dettes colossales de 9,8 milliards de dollars de Westinghouse, sa filiale nucléaire aux Etats-Unis.


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crédit photo : Toshiba

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