Transformation digitale : le coût des tests et de la qualité logicielle explose !

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La multiplication des développements et les itérations applicatives très rapides multiplient les sommes englouties dans les tests et l’assurance qualité. Seule échappatoire pour la DSI : augmenter l’automatisation des tests.

Pour 55 % des entreprises dans le monde, l’évolution « trop rapide de leur univers applicatif » est le principal défi auquel les confronte la transformation digitale. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée par Capgemini et HP, auprès de plus de 1 500 DSI, responsables applicatifs, responsables des tests ou de la qualité, responsables des données ou directeurs marketing.

Cette étude, centrée sur les activités visant à garantir la qualité des applications, montre surtout que la part du budget IT consacrée aux tests et à l’assurance qualité augmente de 9 points d’une année sur l’autre, pour atteindre 35 % de la dépense IT selon Capgemini. Contre seulement 26 % en 2014 ! Et 18 % en 2012. La SSII prévoit qu’en 2018, la part des tests et de la qualité passera à 40 % du total. Ce budget colossal est divisé en parts égales entre maintenance d’applications existantes et nouveaux développement. Dans 35 % des entreprises, cette inflation est considérée comme un problème.

Au-dessus de 30 %, il faut serrer les boulons !

Pour les auteurs du rapport, cette incapacité des DSI à suivre l’accélération des cycles de développement et la multiplication des applications tout en contenant les coûts résulte notamment de la persistance des tests manuels. Ce facteur, cité par 39 % des responsables interrogés, est d’ailleurs le principal challenge technique qu’ont à relever les entreprises dans ce domaine, selon la 7ème édition du World Quality Report. Cet obstacle devance la complexité des design applicatifs et la lourdeur des charges de travail des développeurs, dans la perception des personnes interrogées. Capgemini estime qu’au-dessus de 30 % de la dépense IT globale, les sommes consacrées aux tests et à l’assurance qualité indiquent un manque d’efficacité de ces activités.

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La part des tests et de la qualité logicielle dans les dépenses IT.

En moyenne, 45 % des scénarios de test sont aujourd’hui automatisés, contre seulement 28 % il y a un an. Un bond qui montre que les entreprises ont pris conscience de l’importance de ce facteur. Mais elles se heurtent à des difficultés, au premier rang desquelles figurent les changements fréquents de fonctionnalités des applications qui obligent les équipes à reprendre leurs scénarios de test. Capgemini estime toutefois que les entreprises peuvent porter le ratio de scénarios automatisés dans une fourchette comprise entre 70 et 80 %.

« Avec l’adoption croissante des méthodes agiles et du devops, l’assurance qualité et le test doivent accompagner des cycles de développement plus rapides afin d’éviter de devenir le goulet d’étranglement qui ralentit la mise sur le marché de solutions IT différenciatrices », résument Mark Buenen et Ajay Walgude, deux vice-présidents de Capgemini. Comme en écho, les principaux défis que connaît l’entreprise dans son développement applicatif renvoient à cette situation : les décideurs interrogés citant, dans l’ordre, le manque de budgets (39 %), la durée nécessaire à la mise sur le marché des applications (30 %) et la peur de changer les processus et organisations en place (27 %).

Devops et Cloud : alliance naturelle

Car les pratiques de développement évoluent rapidement au sein des entreprises, avec la diffusion des méthodes agiles. 54 % des personnes interrogées indiquent avoir adopté ces démarches. Selon Capgemini, les défis que ces méthodes posent aux équipes de tests et d’assurance qualité sont en passe d’être maîtrisés. Même si un tiers des personnes interrogées environ souligne trois points de blocage persistants : les difficultés à identifier les domaines sur lesquels les tests doivent se concentrer, le manque d’environnement et de données appropriés et le besoin de renforcer l’expertise sur les tests au sein des équipes agiles. Et un autre défi attend déjà la DSI : celui du Devops, autrement dit du rapprochement entre développement et production afin d’accélérer les cycles des mises en production des applications. Une nouvelle étape dans l’évolution du développement applicatif qui implique une automatisation maximale des tests, note Capgemini.

Cette extension de la logique impulsée par les méthodes agiles implique souvent un intérêt renforcé pour les tests dans le Cloud, souligne le prestataire. Plus d’une personne interrogée sur deux explique que la démarche Devops de leur entreprise, quand elle existe, s’appuie sur des environnements de tests virtualisés ou dans le Cloud. En France, 53% des répondants utilisent régulièrement le Cloud pour effectuer des tests de performance.

D’abord blinder la sécurité

A noter également, l’accent mis par les entreprises sur les tests de leurs applications mobiles ou de celles placées au contact direct des clients. Les entreprises y consacrent 35 % de leurs budgets tests et qualité dédiés aux nouveaux développements. Environ deux fois plus que pour le Cloud, la BI ou les applications de back-office.

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Les pratiques des entreprises en matière de tests de sécurité.

Dans pratiquement tous les secteurs d’activité, le premier objectif des tests est la sécurité, et ce, même si une entreprise sur quatre n’effectue pas des tests systématiques à la sortie de chaque version d’application, préférant se limiter aux moutures essentielles. Le rapport souligne que cette activité dépend encore beaucoup de tests manuels : 52 % des entreprises pratiquent ainsi des revues de code à la main dans le cadre de leurs tests de sécurité précédant la mise en production d’une application.

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Crédit photo : Conrado / Shutterstock

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