Très haut débit fixe: 182 milliards d’euros en 2017

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Le très haut débit fixe devrait représenter le nouveau relais de croissance des opérateurs jusqu’en 2017. Principalement en Europe de l’Est.

A l’heure où les opérateurs ont profité des réseaux mobiles pour assurer leurs développements ces deux dernières décennies, les réseaux fixes à très haut débit (THD) devraient constituer le nouveau relais de croissance pour les années à venir. C’est du moins l’analyse de l’Idate qui estime à 182 milliards d’euros le chiffre d’affaires que généreront les réseaux fibre (FTTx) en 2017 à l’échelle planétaire.

« Les perspectives de croissance restent très importantes puisque les technologies très haut débits représentaient 22% de l’ensemble des abonnements d’accès haut débit à mi-2013 et que nous prévoyons que les revenus liés au développement des abonnements très haut débit vont augmenter de 95% durant les 5 prochaines années pour atteindre 182 milliards d’euros en 2017 », commente Valérie Chaillou, responsable des analyses FTTx à l’Idate. Une tendance tirée de l’analyse du marché que mène en continue l’institut sur plus de 150 opérateurs répartis dans 70 pays.

Pays de l’Est en tête

Une vision globale marquée de disparités. La croissance du très haut débit fixe profitera avant tout à l’Europe de l’Est avec une pénétration qui devrait passer de 28% en 2013 à 49% fin 2017. Dans le même temps, l’Europe de l’Ouest n’évoluera que de 21% à 32% des lignes capables de transporter les données à hauteur de 100 Mbit/s et plus. De même, les choix technologiques s’accentueront selon les régions et architectures réseau. Le FTTH/B (fibre à domicile/en pied d’immeuble) s’imposera à hauteur de 66% des réseaux FTTx tandis que les modèles FTTLA (Fiber To The Last Amplifier qui exploite les derniers mètres câblés entre l’abonné et le réseau fibre de l’opérateur) et FTTN+VDSL (la fibre de quartier couplée au VDSL) ne représenteront « que » 22% et 12% du total en 2017. Deux architectures THD auxquelles on pourra associer le FTTDP encore expérimental. L’Amérique latine et le Moyen-Orient contribueront « sans aucun doute » à la croissance globale du THD où la technologie émerge tout juste.

Autant d’architectures qui s’imposeront différemment sur la surface du globe. Ainsi, l’Asie-Pacifique portera sa préférence sur le FTTH/B tandis que l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest se tourneront majoritairement vers le FTTLA. Le FTTN-VDSL semble pour sa part se concentrer autour de plusieurs opérateurs historiques européens et du nord de l’Amérique. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, aucun acteur européen ne figure parmi les dix premiers opérateurs très haut débit fixe de la planète. Lesquels sont le fait de 6 entreprises asiatiques (dont la première, le japonais NTT, avec 18,3 millions d’abonnés FTTH/B) et 4 américaines (dont le numéro 1 AT&T avec une offre FTTN+VDSL souscrite par 9,4 millions de clients).

Doutes sur les capacités de l’Europe

Le positionnement de l’Europe en matière de THD fixe dépendra des politiques des opérateurs en la matière. « La question des investissements fait partie des paramètres clés à prendre en compte, note l’Idate. Néanmoins, malgré des coûts plus élevés, les déploiements FTTH/B continuent de progresser dans certains pays européens grâce aux investissements d’opérateurs confrontés à la diminution régulière de leurs marges. D’autres acteurs font le pari de la montée en puissance future des capacités de leurs réseaux cuivre. »

La France, pour sa part, s’illustre par l’éclectisme de ses technologies THD fixe : le FTTH et VDSL2 proposé par les opérateurs et le FTTLA chez Numericable. Mais le nombre de bénéficiaires du très haut débit reste proportionnellement modeste. A peine plus de 1,8 million de foyers français bénéficiaient d’une offre très haut débit au 30 septembre 2013, selon les chiffres de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Essentiellement par le câble (près de 1,4 million dont un peu plus de la moitié à plus de 100 Mbit/s, le reste entre 30 et 100 Mbit/s). Soit 20% du nombre de logement éligibles au THD a, lui, dépassé les 9 millions de foyers (sur 24 millions de lignes ADSL) dont moins de 3 millions en FTTH (lire Un foyer sur cinq abonné au très haut débit en France). Rappelons que le gouvernement à pour ambition de couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit à l’horizon 2023.

Idate opérateur FTTx 2013

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