Très haut débit : la France toujours en queue de peloton en Europe

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Située parmi les derniers pays européens couverts en THD, la France bénéficie néanmoins d’un bon taux de commercialisation des accès.

La France est, encore et toujours serait-on tenté de dire, dans le peloton de queue du classement européen sur le très haut débit (THD) fixe. Elle se situe parmi les 6 derniers pays les moins bien équipés en matière d’infrastructures THD et se retrouve d’ailleurs juste devant l’Italie et la Grèce. C’est du moins ce qui ressort de l’étude de l’Idate que présentait ce mercredi matin Dominique Meunier (photo ci-dessus), responsable des activités télécoms de l’institut montpelliérain, dans le cadre des 10e Assises du Très Haut Débit.

En moyenne, sur les 220 millions de foyers européens, 162 millions (74%) pouvaient, fin 2015, disposer d’un accès à plus de 30 Mbit/s quelle que soit la technologie utilisée (fibre FTTx, câble Docsis 3.0, VDSL…). Le taux en France se situe aux alentours de 50%. « Le décrochage de la France est particulièrement marqué en 2013-2014, commente l’analyste, même si l’écart se réduit un peu aujourd’hui. » Un retard qui s’expliquerait par une infrastructure plus adaptée au THD chez nombre de nos voisins, comme à Malte, au Benelux, en Lituanie, au Danemark parmi les pays les mieux classés, avec un réseau câblé plus fourni ou des longueurs de cuivre plus courtes qui permettent d’adresser le VDSL (un super ADSL) au plus grand nombre.

L’écart persiste entre la France et l’Europe

« Le point positif, nuance Dominique Meunier, c’est que les investissements dans la fibre sont porteurs d’avenir. » Et, on le sait, la France investit dans la fibre à travers le Plan France Très Haut Débit de 2013 même si la couverture massive du pays en FTTH n’est pas attendue avant 2022. A cette date, le pays devrait donc être bien situé dans le classement européen « même si l’écart persiste entre la France et l’Europe ». En attendant, l’Idate constate que la couverture en accès à plus de 100 Mbit/s s’élève en moyenne à « seulement » 48,7% aujourd’hui. Avec des pointes à plus de 80% en Lituanie, Malte, Portugal, Lettonie et Irlande. Pour sa part, la France tombe sous les 38% au même titre que la Pologne, la Croatie, l’Italie et la Grèce (1% pour cette dernière). La encore, le renouvellement des lignes, la présence active des réseaux câblés et le soutien des pouvoirs publics et collectivités dans les investissements « mais aussi des utilities, comme les gestionnaires d’énergie » dans certains pays, expliquent ces écarts.

Autre constat de l’étude : l’adoption du THD ne suit pas le rythme du déploiement des nouvelles générations d’infrastructures. Sur les 74%, en moyenne, de foyers couverts en lignes Internet à très grande vitesse, seuls 28% ont souscrit un abonnement THD. Un taux qui s’élève avec la largeur de la bande passante puisqu’il monte à 41% dans les foyers qui disposent de liaisons à plus de 100 Mbit/s. « Plus les pays sont équipés [en THD] et plus les gens s’y abonnent, commente Dominique Meunier qui constate un effet d’entrainement important qui justifie le déploiement rapide du THD. » Sur le point du taux de souscription rapporté à celui de la couverture, la France s’en sort plutôt bien. « Elle commercialise mieux que ses voisins », souligne le porte-parole de l’Idate. Malgré un taux d’environ 10% qui peut paraître modeste, elle se situe en deuxième position des pays de l’Union derrière l’Allemagne qui s’envole à 14%. Il ne reste plus qu’à espérer que, d’ici quelques années, la France se retrouvera dans le peloton de tête des pays où l’adoption du THD est le plus élevé.


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