Trop de salariés sous garantie chez SFR aux yeux de Patrick Drahi

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A New York, Patrick Drahi laisse entendre qu’il y aura une restructuration chez SFR dès la fin de l’accord de garantie de l’emploi en 2017.

Fidèle à lui-même, Patrick Drahi n’a pas mâché ses mots. A l’occasion de la finalisation de l’acquisition de Cablevision hier, mardi 21 juin, le fondateur d’Altice group et désormais patron de Altice Group Advisory Council (voire ce télégramme) a déclaré à New York, devant un parterre de journalistes, qu’il y avait trop de salariés chez SFR.

Des salariés sous garantie

Sans donner de chiffres ni confirmer un futur plan social, le dirigeant considère que cette situation est due à l’accord sur la garantie de l’emploi signé pour trois ans lors du rachat de SFR en 2014. « Il reste encore un an », a-t-il souligné. Façon d’annoncer qu’en 2017, il faudra s’attendre à des coupes sombres. « Aujourd’hui on est dans une situation où les gens savent que la garantie s’arrête dans un an. C’est un peu comme chez Darty quand vous avez une garantie de trois ans. Au bout de trois ans la machine à laver tombe en panne on fait comment ? On paie », a déclaré Patrick Drahi, selon des propos repris par Les Echos. Les salariés apprécieront l’idée d’être comparés à des machines à laver.

Selon l’entrepreneur, cet accord de maintien de l’emploi met SFR en porte-à-faux par rapport à ses concurrents. « On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras et nous on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements. Cela n’a ni queue ni tête. » De mémoire, si Bouygues Telecom a initié un plan social il y a deux ans, nous n’avons pas souvenir de pratiques similaires chez Free ou Orange (qui, certes, réduit ses effectif par le non renouvellement d’un départ sur deux à la retraite) ces derniers mois.

Pas de garantie de l’emploi aux Etats-Unis

Naturellement, Patrick Drahi n’entend pas remettre en cause l’accord sur l’emploi aujourd’hui, même si cela arrangerait tout le monde selon lui. « [L’accord] crée des tensions parce qu’en fait les gens seraient plutôt d’accord [pour] organiser quelque chose maintenant plutôt que d’attendre encore un an sans savoir comment les choses vont s’organiser. » Pas sûr que ce soit l’avis des syndicats qui, depuis l’arrivée du groupe Numericable au sein de SFR, n’ont cessé de mettre en cause les méthodes de gestion musclées, financières et humaines, par les équipes d’Altice pour expliquer l’ambiance tendue au sein des équipes salariales. Et de dénoncer les nombreux départs « volontaires » non renouvelés (500 en un an). Encore la semaine dernière, la division Business Solutions amorçait une grève très suivie cristallisée sur les conditions de renouvellement de l’accord d’intéressement. Mouvement levé jusqu’à demain, jeudi 23 juin, pour laisser place aux négociations.

Pour autant, Patrick Drahi estime avoir des relations « au beau fixe » avec les syndicats. « Les gens ont horreur des chefs d’entreprise qui font de la politique, qui ne disent pas ce qu’ils vont faire, qui font semblant. Quand on parle à quelqu’un, si on lui dit les choses dès le début ça se passe très bien. » C’est donc comme ça que les dirigeants de Cablevision et Suddenlink auraient accepté de baisser leurs salaires contre une augmentation de leur intéressement. Les salariés des deux entreprises américaines d’Altice, que le nouvel homme fort Dexter Goei est chargé d’intégré en tant que dirigeant d’Altice USA, savent désormais à quoi s’en tenir.


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