L’union syndicale d’Orange relance ses attaques contre Free Mobile

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Face au silence du régulateur, l’Unsa relance sa demande de documents prouvant que Free Mobile respecte ses engagements. Et le fait publiquement savoir.

L’Unsa a la rancune tenace. L’union syndicale CFE CGC de France Télécom n’a toujours pas digéré l’arrivée de Free et ses forfaits mobiles à prix cassés accusés de détruire de la valeur sur le marché français des télécoms. Et le refait savoir.

Le 24 août dernier, l’union syndicale de l’opérateur historique a réitéré sa demande de communication d’un certain nombre de documents auprès de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Ces documents concernent les cartes de couverture du réseau 3G transmises par Free Mobile à l’Arcep, les résultats détaillés de chacun des tests menés par l’Arcep sur le réseau de Free Mobile, le fichier excel transmis par Free Mobile à l’Arcep faisant apparaître la localisation des sites d’émission de l’opérateur, et les lettres en date du 10 novembre 2011 et 8 février 2012 adressées par Free Mobile à l’Arcep.

Le silence du régulateur

Une démarche déjà effectuée en mars dernier mais qui n’a, à ce jour, pas abouti. « Depuis le lancement de Free Mobile, la CFE-CGC/UNSA est contrainte de faire un triste constat : le régulateur ne répond que si nos demandes font l’objet de communiqués de presse. Nous réitérons donc publiquement la demande de documents que nous avons formulée par courrier d’avocats le 24 août dernier », précise l’Union syndicale dans un communiqué daté du 19 septembre.

Néanmoins, l’Arcep avait fait appel, par l’intermédiaire du précédent gouvernement, à l’Agence nationale française des fréquences (ANFR) pour mesurer le taux de couverture et l’efficacité du réseau de Free Mobile. L’ANFR avait conclu, dans un rapport rendu début mai, à un taux de couverture fonctionnel de plus de 30 % de la population en accord avec les obligations du nouvel opérateur. Un résultat qui aurait dû mettre fin à la polémique lancée par l’Unsa. En vain.

Globalement, l’Unsa soupçonne en effet le nouvel entrant de ne pas respecter ses obligations réglementaires et de s’appuyer sur la complicité du régulateur pour renforcer sa position sur le marché (particulièrement en profitant de son accord d’itinérance avec Orange pour concentrer ses investissements sur les zones les plus rentables du territoire). Ce qui entraînerait une destruction de valeur. En moins de 6 mois, le nouvel opérateur a attiré 3,6 millions de clients mobiles, soit plus de 5 % du marché.

Baisse du chiffre d’affaires

L’Unsa rapporte ainsi que le chiffre d’affaires global du marché de la téléphonie mobile en France a reculé de 4,5 % entre le premier et le deuxième trimestre 2012. Et que les opérateurs s’attendent à une baisse globale de 10 % d’ici la fin de l’année 2012. Un recul qui entraînerait des licenciements massifs, estimés jusqu’à 70.000 sur trois ans selon l’économiste Bruno Deffains. Notons néanmoins que cette baisse de revenus avait commencé dès le 4e trimestre 2011, soit avant l’arrivée de Free sur le secteur.

Une situation intenable pour l’Unsa qui, derrière sa démarche, cherche à rééquilibrer la situation en obligeant l’Arcep à prendre les sanctions à l’encontre de Free Mobile pour non respect de ses engagements. « Il n’est pas admissible que Free ne soit pas rigoureusement soumis aux contraintes de sa licence : il est trop facile de casser les prix et l’emploi sans réaliser les investissements requis pour faire fonctionner son réseau », conclut le représentant syndical d’Orange. Affaire à suivre.

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