L’usine du futur ouvrira-t-elle ses portes aux start-up de l’IoT ?

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L’industrie française entend opérer la modernisation de son appareil de production en misant sur le numérique et la robotique. Mais quelle place y trouveront les jeunes sociétés innovantes ? Illustration avec les start-up Intesens, partenaire de la SNCF, et Sybot.

Avec une moyenne d’âge de machines industrielles de plus de vingt ans, la modernisation du parc est devenu un impératif industriel pour la France. C’est dans cette optique que le gouvernement a mis en place, en 2014, l’Alliance pour l’industrie du futur.  Objectif : faire la promotion de l’usine du futur auprès des entreprises et les accompagner dans la modernisation de leur outil industriel et dans la transformation numérique de leur structure. « A ce jour, nous avons soutenu plus de 2000 PME, TPE et start-up, dans leur transformation digitale. Pour mener ces missions nous nous appuyons sur des correspondants régionaux, des industriels, des universités et des centres de recherche », explique Sawsen Ayari-Pouliquen, chef de projet chez Alliance Industrie du futur, présent lors d’une conférence organisée par Cap Innovation.

Mais, les entreprises sont bien souvent perdues face à cette transformation. « Nous devons communiquer et informer. Pour cela nous avons mis en place des ‘caravanes industrie du futur’ et le label ‘Vitrine Industrie du Futur’ qui met en avant les entreprises engagées dans la transformation digitale et impliquées dans des échanges entre industriels qui conduisent des projets de modernisation de leurs entreprises. »

Intesens accompagne la SNCF

A ce jour, plusieurs entreprises ont été labélisées, dont la SNCF pour son projet Digi IO (Installation Outillage). « Le projet a pour objectif de numériser les 10 technicentres du groupe à l’horizon 2020. Dans la transformation de ces ateliers de maintenance, nous travaillons avec Intesens, une start-up qui développe des solutions de maintenance connectée permettant notamment une optimisation de la performance des installations et des outillages », explique Sébastien Laurent, directeur du Technicentre SNCF d’Oullins, en banlieue de Lyon. La première collaboration entre la SNCF et la start-up remonte à 2011. « Suite à cette première expérience, nous avons eu la chance de rencontrer directement Guillaume Pépy, président de la SNCF, et Yves Tyrode, alors Chief Digital Officer, qui a su imposer, à ce grand groupe, les méthodes de travail des start-up : disponibilité des chefs de projets, rapidité des cycles de décision, agilité dans la façon de travailler, implication du Comex dans la stratégie digitale », raconte Xavier Lafontan, pdg d’Intesens.

intesensSi la rencontre entre la SNCF et Intesens est un peu celle de David et Goliath, il y a en revanche de part et d’autre la volonté de s’associer pour mener le combat de l’évolution de l’usine du 20ème siècle vers celle du 21ème. « Les start-up comme Intesens nous obligent à revoir nos processus, à accélérer nos prises de décisions, à travailler de façon plus agile, à engager notre transformation managériale », souligne Sébastien Laurent. Pour la SNCF sauter dans le train de la numérisation est devenu un impératif pour anticiper les évolutions et la concurrence. D’ailleurs elle n’hésite pas à y consacrer plusieurs millions d’euros.

Gébé2 adopte les cobots de Sybot

Dans le cadre du partenariat mené entre la PME Gébé2 Productique et la start-up Sybot, l’idée est d’intégrer le développement des cobots (robot assistant l’homme) de Sybot à l’offre de robots industriels traditionnels de la PME. « Aujourd’hui la robotique est en pleine révolution avec l’apparition des cobots. Notre idée a donc été de rebondir sur ces petits robots et de les intégrer à nos processus de robotisation conventionnelle, notamment dans le cadre de notre activité de ponçage. Là où nous n’avions que de gros systèmes très couteux, nous pouvons désormais, grâce à Sybot, proposer un cobot de ponçage léger et flexible et adresser ainsi une nouvelle typologie d’entreprise », explique Didier Barbarit, directeur général de Gébé2 Productique. Bien que le déséquilibre entre la PME et la start-up soit bien plus faible qu’entre la SNCF et Intesens, la collaboration entre les deux entités nécessite néanmoins une évolution des méthodes de travail au sein de la PME. «  La flexibilité, l’agilité des start-up imposent des circuits de décision réduits », insiste Yvan Measson, Pdg de Sybot.

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Crédit photo : Thomas SIMONIN (SNCF)

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