VCE : une fidélité sans faille à Cisco, mais jusqu’à quand ?

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VCE, spécialiste de l’infrastructure convergente, surfe sur le succès de ses offres en s’adaptant au phénomène d’hyperconvergence. Fidèle à Cisco, la stratégie de VCE risque d’être bouleversée par le rachat d’EMC par Dell.

Philippe Charpentier (2).JPGC’est toujours un exercice délicat de parler d’une société en sachant que son actionnaire majoritaire est en passe d’être racheté. C’est pourtant à cet exercice que s’est prêté Philippe Charpentier, responsable des ingénieurs avant-vente VCE en Europe. Pour mémoire, VCE est une entreprise créée en novembre 2009 par EMC, VMware et Cisco. Son credo d’origine était la construction d’une infrastructure convergente, les VBlock, comprenant à la fois les briques matérielles (stockage, réseau, serveur) et logicielles (virtualisation, intégration, test, …) et le tout fabriqué de manière industrielle en 45 jours.

Et la greffe a pris y compris en Europe, comme le montre les récentes études des cabinets de conseil sur ce marché des équipements convergents ou intégrés. « Nous sommes en France depuis 4 ans et demi. Au début avec des grandes entreprises et des opérateurs comme Orange ou BNP-Paribas. Mais depuis 18 mois, nous visons des entreprises de taille plus petite comme Sogeclair, fabricant des pièces d’usinages pour l’aéronautique à Toulouse », explique Philippe Charpentier.

Parti très tôt sur ce marché de l’infrastructure convergente, VCE a évolué au fil du temps, souligne le responsable : « les usages des VBlock sont divers allant des applications critiques, du Cloud, du VDI (virtualisation du poste de travail) à de l’Exchange pour de grands volumes, ou plus récemment à des projets de migration vers SAP Hana (base de données In-Memory) ». Pour autant la concurrence est active, IBM, HP ou NetApp se sont clairement positionnés sur ce segment des systèmes intégrés. Pas de quoi effrayer le responsable français : « nous sommes dans une logique complètement industrielle et sommes reconnu pour notre robustesse ».

Répondre présent sur l’hyperconvergence

Pour autant, pas question de s’endormir sur ses lauriers ; une évolution est en cours, celle de l’hyperconvergence où des start-ups comme Nutanix, Simplivity, Atlantis commencent à se faire un nom. VCE ne pouvait pas rester en dehors de ce phénomène et a lancé il y a quelques mois, VxRack, une solution de type bare metal. Cet équipement repose sur des éléments réseaux Cisco (Nexus), des serveurs Quanta Computer et le stockage en mode SDS de ScaleIO (appartenant à EMC) ou VSAN de VMware.

Interrogé sur la technologie Vvol (Virtual Volume) de VMware, qui permet de piloter le stockage au niveau des VM, Philippe Charpentier indique qu’elle fonctionne sur les différentes infrastructures, VBlock et VxRack, « même sil y a toujours un temps de validation pour garantir une parfaite intégration dans les systèmes. Aujourd’hui, nous n’avons pas encore validé Vvol ». Par contre aucune difficulté de validation pour le SDN dans les solutions VBlock, qui sont compatibles aussi bien avec ACI, solution prônée par Cisco, qu’avec NSX, porté par VMware. « Les clients ont le choix et les demandes actuelles sont partagées entre les deux technologies », commente Philippe Charpentier.

VCE est également en pleine réflexion sur la roadmap des différents produits de la firme. « Nous travaillons sur la création d’une Fabric entre les VBlock et les VxRack, avec un pilotage par VIO (Vision Intelligent Operation) pour superviser l’ensemble des équipements convergés et hyperconvergés comme un tout », assure Philippe Charpentier. L’heure est aussi à l’ouverture : « au départ, l’offre de VCE était assez rigoriste pour garantir une grande qualité. Maintenant, il existe davantage d’options comme le fait de pouvoir travailler avec des baies scale-out comme Isilon (propriétés d’EMC) ou des offres de sauvegarde ou de sécurité avec RSA ». Une ouverture pour l’instant très limitée à l’environnement EMC toutefois.

Une ouverture y compris à Dell ?

Cette ouverture ira-t-elle jusqu’à Dell ? Le dirigeant reste ‘corporate’ dans sa réponse : « aujourd’hui, nous travaillons avec Cisco, le contrat a été reconduit pour 5 ans sur la R&D ». La question mérite malgré tout d’être posée à plus d’un titre. Cisco a réduit sa participation dans VCE pour ne disposer que de 10% des parts (contre 35% auparavant), le reste appartenant à EMC et VMware. L’équipementier réseau américain dispose aussi de partenariats forts avec certains concurrents comme NetApp, à travers la gamme Flexpod. Certains analystes estiment que Cisco gagnerait plus à poursuivre son alliance avec NetApp sur le long terme. VCE reste néanmoins une bonne affaire, constate d’autres analystes : la co-entreprise réalise un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars.

Le rachat d’EMC par Dell va probablement redistribuer les cartes dans plusieurs activités. Officiellement rien ne va changer. Dixit Joe Tucci, le patron d’EMC, qui veille jalousement sur son concept de Fédération, mais on voit mal comment VCE, bientôt propriété de Dell, n’intégrerait pas des serveurs PowerEdge ou même des solutions réseaux du constructeur texan. Ces dernières étant au passage déjà compatibles avec NSX. Pour paraphraser Michel Audiard, ceux qui pèsent 2 milliards écoutent toujours ceux qui pèsent 90 milliards de dollars.

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