Orange et Bouygues s’accordent quelques jours de plus

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Les Conseils d’administration respectifs de Bouygues et Orange se donnent jusqu’à dimanche pour se prononcer sur la vente de Bouygues Telecom.

Après bientôt 3 mois de discussions, on n’est plus à quelques jours près. Alors que les dirigeants de Bouygues et Orange s’étaient fixés le 31 mars comme date limite pour se prononcer sur la vente de Bouygues Telecom, les deux groupes ont repoussé de quelques jours le choix de leur décision.

« Le Conseil d’Administration réuni le 30 mars 2016,a constaté que les négociations entre Orange et Bouygues n’étaient pas suffisamment avancées, justifie le groupe Bouygues dans son communiqué. Il se réunira donc avant la fin du week-end prochain afin de prendre une position définitive sur la poursuite de ce projet de rapprochement. » Même son de cloche du côté d’Orange qui confirme qu’il « réunira son Conseil d’Administration pour examiner le résultat de ces discussions d’ici le 3 avril 2016 prochain ».

Les discussions devraient donc se poursuivre jusque là. Et, vu la difficulté à trouver un accord, il n’est pas certain qu’elles aboutissent à une issue positive. Martin Bouygues aurait même laissé entendre que l’accord pourrait ne pas être signé. Si les différents acteurs de cette nouvelle consolidation du marché des télécoms français seraient d’accords dans les grandes lignes pour se partager clients, réseau, fréquences et boutiques de Bouygues Telecom, les négociations buteraient sur l’indécision apparente du gouvernement dans ce dossier.

Le blocage de l’Etat, l’incertitude de la Concurrence

Actionnaire à hauteur de 23% (13,4% par l’Agence des participations de l’Etat et 9,6% par Bpifrance) dans le capital de l’opérateur historique, l’Etat souhaite conserver sa minorité de blocage et refuserait de trop diluer sa participation pour y laisser entrer le groupe de BTP qui réclame entre 10% et 15% du capital d’Orange. Le désaccord porterait notamment sur la valorisation de Bouygues Telecom. Evaluée à 6 milliards d’euros par sa maison mère, Martin Bouygues en exigerait 10 milliards de sa filiale, soit le prix qui lui en avait proposé Patrick Drahi, le patron d’Altice (SFR), en juin 2015… et que Bouygues avait refusé prétextant vouloir poursuivre seul son développement sur le secteur des télécoms. A moins qu’il ne visait déjà un rapprochement avec l’ancien opérateur détenteur du monopole des télécoms en France pour conserver un pieds sur un marché jugé d’autant plus porteur qu’un environnement réduit à trois acteur est vu comme une promesse d’amélioration des marges.

L’autre stratégie est d’anticiper le plus précisément possible la réponse de l’Autorité de la concurrence. Sans pour autant vouloir bloquer l’opération de consolidation, le régulateur pourrait exiger des modifications notables dans les accords trouvés entre Orange, Bouygues, Free et SFR sur la répartition des actifs de Bouygues Telecom pour maintenir un équilibre concurrentiel sain. Une révision significative des accords pourrait remettre en cause ces derniers et faire capoter la vente. Bref, comme le répètent les protagonistes depuis le début de l’affaire, il s’agit d’un dossier très complexe. Trop pour qu’il aboutisse ?


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