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Visa veut accélérer les paiements NFC sur mobile

Albert Galloy, vice président stratégie mobile pour Visa en Europe
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Alors que le parc de terminaux de paiement NFC s’étoffe en France, les banques devraient lancer leurs premières offres de paiement mobile en juin prochain.

« Le NFC, c’est le produit de demain pour nous », avance Albert Galloy, vice-président en charge de la stratégie mobile pour Visa en Europe (notre photo). Dans les faits, la technologie de paiement sans contact se déploie depuis 5 ou 6 ans sur les cartes de crédit classiques Visa.

En France on en compte quelque 5 millions, sur 35, indique le responsable. Soit 1/7e d’un parc qui grossit de 500.000 nouvelles cartes compatibles NFC par mois. Un tiers du parc serait ainsi comblé dès septembre prochain.

Le frein de l’écosystème

Mais l’usage est freiné par l’écosystème. Il est en effet indispensable d’équiper du NFC, et la technologie sécurisée associée, le million de terminaux de paiement du territoire français. « On en est à 100.000 aujourd’hui, il y en aura 200.000 en septembre », avance Albert Galloy.

Si la grande distribution est motrice sur la question, « les banques déploient auprès des commerçants de proximité », indique notre interlocuteur. L’accélération de la transaction figure parmi les principales motivations. McDonald déclare effectuer un paiement NFC en 7 secondes contre 15 en mode traditionnel. Cinq ans, environ, seront néanmoins nécessaires pour renouveler le parc de lecteurs en France.

Mais « la carte est un outil plastique avec peu d’innovation, note Albert Galloy. La deuxième étape est le mobile ». En juin prochain, une première offre commerciale sera lancée par les banques en France.

Le NFC indépendamment du mobile

Dans l’absolu, elles pourront proposer le NFC à leurs clients depuis n’importe quel téléphone, compatible ou non NFC, grâce à un adaptateur (sous forme d’un étui) qui embarque la technologie de paiement et l’application de sécurisation, et communique avec le terminal. Preuve est faite après le test à grande échelle effectué auprès de la Caisse d’Épargne et la Banque Populaire avec l’iPhone 4/4S par défaut non NFC (y compris l’iPhone 5).

« L’absence du NFC sur le téléphone n’est pas un point bloquant », confirme le porte-parole de Visa. Une offre qui devrait accélérer le déploiement du NFC sur les terminaux mobiles et, donc, son usage (avec dans un horizon plus ou moins proche la disparition des cartes bancaires physiques).

À terme, on peut imaginer que les téléphones embarqueront nativement toute la technologie. C’est d’ailleurs l’objet du partenariat entre Visa et Samsung annoncé au Mobile World Congress 2013 de Barcelone (MWC). Dans ses prochaines générations de smartphones NFC, Samsung va intégrer l’applet de paiement sécurisé Visa payWave, et les services associés.

Des smartphones Visa Ready

De fait, les terminaux seront nativement prêts à recevoir les profils de compte de paiement de Visa sur un élément sécurisé embarqué (le secure element) par les airs (OTA) depuis la plate-forme de gestion Mobile Provisioning Service de Visa reliée au service de stockage sécurisé Samsung Key Management Systems (KMS).

Un schéma qui simplifie l’adoption du paiement par NFC sur smartphone, mais qui contourne les opérateurs puisque la banque contrôlera la gestion de l’application de paiement. C’est pourquoi l’offre ne sera probablement pas lancée en France, Samsung ne voulant certainement pas se brouiller avec les opérateurs qui distribuent massivement ses téléphones. Les premières offres Visa-Samsung NFC devraient d’abord apparaître à Singapour.

Quel que soit le modèle économique que choisira la banque, opérateur ou constructeur, pour Albert Galloy, « l’important est de commencer à pousser le concept du Visa Ready ». En 2017, 1,95 milliard de terminaux seront NFC, selon ABI Research. « 1 euro sur 6 sera dépensé en NFC », complète Alert Galloy. Une manne pour Visa, et ses concurrents.


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Journaliste depuis une dizaine d'années dans le secteur de l'informatique (grand public dans un premier temps, IT aujourd'hui), Christophe se concentre notamment sur les sujets télécoms, réseaux et postes de travail pour Silicon.fr (groupe NetMediaEurope).

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