WiGig, le streaming vidéo sans fil à très haut débit

Régulations

Une nouvelle technologie sans fil promet des débits phénoménaux de l’ordre des 1000 mégabits. Mais à courte portée.

Se dirige-t-on vers une nouvelle technologie de communication sans fil à haute fréquence standardisée? Probablement. Jeudi 7 mai s’est officiellement constitué le WiGig, le Wireless Gigabit Alliance. Un nouveau consortium d’industriels qui se fixe pour objectif de développer une norme de communication dans la bande de fréquences des 60 GHz.

Cette bande de fréquences présente l’avantage d’être disponible à peu près partout dans le monde. Et pour cause, à cette hauteur, la fréquence utilisée ne permet pas aux ondes de franchir les obstacles (contrairement au Wi-Fi 802,11b/g/n dans la bande des 2,4 GHz) et donc d’assurer des communications de moyennes et longues portées. L’efficacité du Wireless Gigabit se limitera à quelques mètres dans un environnement dégagé de tout obstacle.

En revanche, comme son nom l’indique, sa puissance permettrait de fournir une bande passante de plusieurs gigabits par seconde. A comparer aux 300 Mbit/s du Wi-Fi 802.11n qui attend toujours sa normalisation officielle. Dans ce cadre, le Wireless Gigabit se destinerait au transfert de grande quantité de données en environnement restreint. Parfait pour l’envoi en streaming de vidéos haute définition sur plusieurs postes de télévision simultanément. Ou pour élargir la bande passante du réseau interne partagée par plusieurs postes au sein d’un bureau. Certains constructeurs surfent déjà sur la tendance comme Sitecom et son WL-306 Wireless Gigabit Router 300N-XR.

Mais pour le moment, peu de détails sont connus sur les spécificités du Wireless Gigabit et les tendances que vont emprunter les membres de l’Alliance. Laquelle est composée de fabriquants de puces (Atheros, Broadcom, Intel, Marvell), de constructeurs de mobiles (LG, Nokia, Samsung), d’industriels du PC (Dell, Microsoft, NEC), et de l’électro-ménager (Panasonic). Une quinzaine d’acteurs pour le moment. Cependant, on note déjà l’absence d’Apple et Sony, deux industriels qui ont tendance (surtout le premier) à adopter rapidement les normes une fois qu’elles sont en place.

Le 60 GHz a d’ailleurs déjà son groupe de travail au sein de l’IEEE ( 802.11ad ). D’autre part, le développement du Wireless Gigabit risque d’entrer en concurrence avec le WirelessHD. Ce consortium, qui compte notamment Sony et Toshiba, développe également une technologie de communication sans fil à ultra haut débit dans la bande des 60 GHz. Soit, pour ce qu’on en sait, des caractéristiques similaires à celles du WiGig. L’un des deux développements risque donc, à terme, de disparaître au profit de l’autre. D’autant que certaines entreprises (ou leurs filiales) sont membres des deux groupes de développement. C’est le cas de Intel, Broadcom, Samsung et LG. Pour le moment.


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