Windows 10 S, un OS un peu trop propriétaire

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A peine lancé, Windows 10 S se révèle très restrictif au point de rendre impossible l’accueil de logiciels tiers comme les antivirus ou les services de backup.

Microsoft a lancé en mai dernier Windows 10 S, son OS en mode Cloud à destination du monde éducatif, avec une pensée non avouée pour les entreprises aussi. A l’occasion de sa présentation, Terry Meyerson, responsable en charge de Windows chez Microsoft, résumait ainsi la solution : « Windows 10 S est inspiré par les étudiants et les enseignants, rationalisé autour de la simplicité, la sécurité et les performances. »

Il aurait pu ajouter « fondamentalement propriétaire » à ces qualificatifs. Depuis le lancement, les développeurs se familiarisent avec les versions beta disponibles sur MSDN (plateforme de développement de Microsoft) et constatent que les restrictions d’utilisation sont plus importantes que prévues. L’OS est intimement lié à Windows Store, toutes les applications installables sur le PC devront être installées via le magasin applicatif.

Mais nos confrères de ZDNet ont creusé un peu plus les versions de développement et ont découvert que les restrictions ne découlaient pas uniquement du fort lien avec Windows Store. Ainsi plusieurs composants de Windows sont bloqués lors de l’exécution de Windows 10 S : bash.exe, cdb.exe, cmd.exe, cscript.exe, csi.exe, dnx.exe, kd.exe, lxssmanager.dll, msbuild.exe, ntsd.exe, powershell.exe, powershell_ise.exe, rcsi.exe, reg.exe, regedt32.exe, windbg.exe, wmic.exe, wscript.exe. Même l’invite de commande, cmd.exe, ne peut pas s’exécuter de manière interactive dans Windows 10. Ces limites peuvent poser des problèmes à des administrateurs systèmes y compris dans le monde de l’éducation, cible prioritaire de Microsoft.

Antivirus, backup tiers, persona non grata

Ces restrictions étaient déjà connues, car le monde de l’Open Source s’était ému de l’impossibilité d’installer des distributions Linux. A l’époque, Rich Turner, un salarié de Redmond avait clairement répondu : « Non ! ». Et de le justifier : « Une App qui provient du Store Windows ne signifie pas qu’elle est automatiquement sécurisée et appropriée pour s’exécuter dans Windows 10 S. Il existe certaines applications qui ne sont pas autorisées à fonctionner sur Windows 10 S, y compris toutes les applications de ligne de commande, les shells et les consoles. »

Si les navigateurs tiers n’ont pas droit au chapitre sur Windows 10 S à moins d’une coûteuse réécriture de code sur la plateforme de Microsoft (Edge), les développeurs ont constaté que les spécifications techniques écartent de facto certaines applications tierces. Et de citer comme exemple, les antivirus, les services de sauvegarde ou les utilitaires disques d’autres éditeurs.

On peut ajouter à ce concert de limitations le fait que Windows 10 S n’accueille pas des packages de pilotes comprenant des composants et des applications non conforme à l’UI Microsoft. Cela signifie que les entreprises ne peuvent pas personnaliser la configuration de leurs terminaux, en ajoutant ou débloquant certaines fonctionnalités.

Si le verrouillage a ses vertus en matière de sécurité, pas sûr que les responsables informatiques aient envi d’être pieds et poings liés. Le « lock-in » est toujours un repoussoir, surtout dans le Cloud.

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Crédit Photo : Microsoft

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