Sous-marins et simulateur Soyouz, les vies cachées de Windows XP

CyberguerreDSIOSPolitique de sécuritéPoste de travailProjetsSécurité
2 66 Donnez votre avis

Difficile de se passer de Windows XP. L’OS obsolète de Microsoft est présent dans des domaines très variés comme les sous-marins britanniques ou un simulateur de la station spatiale Soyouz.

On pensait que la page allait se tourner rapidement après la fin de vie de Windows XP en avril 2014. Microsoft avait alors fermé les vannes des mises à jour et des correctifs de sécurité. La mort de XP n’est pas encore pour tout de suite. Les dernières statistiques de Netmarketshare montrent que cet OS séduit encore 11,42% des utilisateurs.

Parmi les résistants, les entreprises et les administrations ne font pas figure d’exemplarité. Si certains cas sont connus comme les distributeurs automatiques de billet (DAB) ou dans le nucléaire avec l’affaire Fukushima et Tepco qui n’avait pas mis à jour plus de 48 000 PC.

Windows XP submarines

Deux exemples viennent rajouter à ce panel de migration lente. Le premier est la marine anglaise et plus spécifiquement les sous-marins militaires de type Vanguard lanceur d’engins (dont les missiles nucléaires Trident). Dans un article du Guardian, on apprend que ces submersibles embarquent une variante de Windows XP dédiée aux sous-marins, baptisée « Windows Submarines ».

Ce choix a été dicté pour des questions économiques. « C’était moins cher que les autres alternatives », souligne le quotidien britannique. Cette décision de la Royal Navy s’attire les critiques de plusieurs responsables de la Défense qui pointent du doigt les risques de sécurité importants lors d’opérations militaires. Les américains ont semblent-ils eu le même problème et, en juin dernier, le Space and Naval Warfare Systems Command (SPAWAR) a décidé de passer un contrat de 9,1 millions de dollars pour s’assurer d’avoir des correctifs sur Windows XP.

Un peu plus près des étoiles

Du monde sous-marin à l’espace, il n’y a qu’un pas que Windows XP franchit avec allégresse. C’est un astronaute français, Thomas Pesquet, qui a déterré ce lièvre. En formation en Russie, il s’est entraîné dans un simulateur de la station spatiale Soyouz. Lors d’un exercice de déclenchement de l’alarme, il a constaté par la suite que l’ordinateur de commande du simulateur fonctionne sous XP.

Il a posté une photo sur son compte Twitter qui montre le fonds d’écran de l’ancien système d’exploitation, avec ironie il souligne « maintenant je comprends ! Après la session d’entraînement d’aujourd’hui, voici un aperçu de @Microsoft @Windows sur l’écran de Soyouz ». Rien ne dit que l’exercice d’alerte ait un rapport avec un dysfonctionnement de Windows XP, mais la présence d’un tel OS laisse songeur.

Pas de quoi s’inquiéter selon nos confrères de Geekwire, la vraie station spatiale Soyouz ne fonctionne pas avec Windows XP. Thomas Pesquet a travaillé sur un simulateur et il arrive souvent que les logiciels embarqués soient plus anciens, car une migration est souvent très onéreuse à réaliser. D’autres, plus diplomates, invoqueront aussi le fait que la Russie maîtrise maintenant XP et que les évolutions de l’OS ne sont pas encore complètement sous contrôle.

A lire aussi :

La facture salée de Munich pour quitter Windows XP et 2000
Windows XP est encore un peu plus vulnérable


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur