Avec Digital Platform, Software AG suit les tendances IT

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Software AG mise fortement sur sa Digital Platform pour accompagner ses clients dans leur transformation numérique. Discussion avec Wolfram Jost, CTO de Software AG.

A l’occasion du CEBIT à Hannovre, la rédaction de Silicon.fr a interrogé le directeur technique de Software AG, Wolfram Jost. La société qui vient de fêter ses 40 ans veut continuer à séduire les DSI et les développeurs en s’adaptant aux nouvelles tendances, Cloud, DevOps, API avec son offre Digital Platform.

Comment Software AG peut-elle envisager la modernité avec une base de données née il y a plus de plus de 40 ans, face aux bases de données NoSQL ou à Hadoop, entre autres?

Dr Wolfram Jost, Software AG
Dr Wolfram Jost, Software AG

Architecturée depuis des années pour le transactionnel, notre base de données bénéficie aussi de l’environnement de développement L4G Natural. Un ensemble éprouvé, très rapide et très stable pour les applications transactionnelles. Des nombreux cas d’usage auxquels ne saurait répondre une base de données NoSQL, car elles ne disposent pas des caractéristiques Acid [NDLR : Atomicité, cohérence, isolation et durabilité -ou rémanence]. En 40 ans, nous avons plusieurs centaines et même des milliers d’entreprises avec notre base de données Adabas.

Cependant, ces nouvelles architectures de bases de données (NoSQL par exemple), répondent parfaitement aux besoins de nouvelles applications comme le traitement et ’exploitation du contenu des fichiers de logs, l’e-commerce, le Big Data, l’IOT, etc. Autant de situations où les bases de données transactionnelles traditionnelles ne sont pas pertinentes. Pour ces nouvelles solutions, notre Digital Platform joue pleinement son rôle pour assurer le lien avec les applications existantes, apporter des intégrations évoluées et automatisées ou des fonctions analytiques, la révision des processus… tout en maintenant une cohérence globale du système d’information. D’ailleurs pour ces nouvelles applications, nos clients utilisent diverses solutions comme Hadoop, Elastic Search, Cassandra, etc. A mon avis, l’avenir pour ce type de produit sera totalement open source, avec des spécialistes proposant de l’expertise sous forme de services. Software AG propose d’ores et déjà des experts pour ces solutions.

Vous avez présenté votre Digital Platform comme un socle technologique différent de vos concurrents. Pourtant, Oracle avec WebLogic, Microsoft avec .net, SAP avec Netweaver et Hana, ou encore IBM avec BlueMix se positionnent aussi sur ce créneau…

Pour commencer, SAP tire la quasi-totalité de ses revenus de ses logiciels. Ses plateformes , tout comme ses offres cloud, ont été conçues comme des extensions de ses progiciels. Je ne connais pas de client de SAP qui soit uniquement client de es plateformes pour concevoir ses propres applications. Il me semble que SAP n’a pas de stratégie qui la porte au-delà de sa base de produits installés. Et si elle propose de l’IaaS, du PaaS ou du SaaS, c’est demander à ses clients : « Nous avons tout ce qu’il vous faut, que souhaitez-vous ? »

IBM serait plus proche de notre démarche. Néanmoins, son catalogue de solutions est très vaste, ainsi que ses activités. Par ailleurs, au-delà du marketing, je ne comprends pas le concept de Cognitive Computing prôné sous la bannière de de Watson. En fait, sous couvert d’ouverture, ils cherchent à tout vendre en bloc au client. Et il en va de même pour Oracle et, dans une certaine mesure, pour Microsoft.

Quand j’étais jeune, IBM, Oracle, Microsoft ou SAP étaient différents et affichaient des stratégies claires et lisibles. Aujourd’hui, ils proposent tout et ne se différencient pas vraiment.

Et comment intégrez-vous l’évolution vers les APIs, au cœur des applications composites de nouvelle génération ?

Bien entendu, les plateformes API favorisent l’émergence des applications de nouvelle génération. D’ailleurs, Software AG en propose tout l’éventail : API portal, API Gateway, l’API management… l’ensemble étant évidemment connecté directement à la plateforme. Pour nous, la plateforme API est l’un des éléments-clés de la Digital Paltform, parmi d’autres.

Vous avez choisi un déploiement sur AWS. S’agit-il réellement d’une offre cloud multitenant ? Proposez-vous une offre à destination des fournisseurs de services ?

Absolument. Il s’agit d’une offre cloud multitenant que nous opérons nous-mêmes pour nos clients. Mais le cloud se cantonne à incarner l’une des possibilités de déploiement. En effet, tout n’a pas vocation à tourner sur le cloud, et ne souhaitons pas devenir Salesforce.com. Même si nous reconnaissons que dans de nombreux cas (et de plus en plus), le cloud a vraiment du sens.

Ainsi, pourquoi utiliser du cloud pour connecter deux applications sur site ? Ayant travaillé de très nombreuses années avec un modèle exclusivement sur site, et consciente du potentiel et des intérêts du cloud, Software AG est actuellement plus intéressée par le cloud hybride.
D’ailleurs, nous proposons nos solutions (quel que soit le déploiement choisi) en tarification sous forme de licence ou de souscription à l’usage. Enfin, nous offrons effectivement à des partenaires (ou à de grandes entreprises) la possibilité de déployer notre plateforme en mode cloud multitenant dans leur propre datacenter.

Tous les acteurs du marché lancent des opérations de séduction envers les développeurs pour les attirer vers ces nouvelles applications. Qu’en pensez-vous ?

La grande majorité des développeurs a mis un peu de temps à s’intéresser aux applications de nouvelle génération. Pourtant, il est plus simple de transformer une idée ou un concept métier en application quand le logiciel devient l’orchestrateur des processus métier. Ce qui est précisément l’objectif d’une plateforme digitale.

Avec cette évolution, les entreprises commencent enfin à considérer différemment les développeurs, à leur porter plus d’attention. Longtemps perçus comme un centre de coût, ils deviennent des leviers d’innovation des métiers de l’entreprise.

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Auteur : José Diz
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