12 propositions pour réduire la fracture numérique

Régulations

France Numérique apporte sa contribution aux Assises du Numérique. Propositions concrètes et parfois dérangeantes

France Numérique, association qui œuvre pour la réduction de la fracture numérique en France, a remis douze propositions à Eric Besson, pour tenter de résorber la fracture, ce 15 juillet. Il reste donc quinze jours au secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique pour les examiner. Il doit en effet remettre son plan à François Fillon avant la fin du mois.

“Nous avons commencé à travailler sur ces sujets avant l’arrivée d’Eric Besson”, explique Erik Van Rompay, délégué général de l’association, “et nous avons continué. Certains sujets ont été pour partie évoqués lors des ateliers des Assises du numériques”.

Et, si l’association a mis les bouchées doubles pour présenter ses douze propositions à Eric Besson avant la date butoir, elles ne deviendront définitives en octobre, après l’intégration des avis des internautes et des spécialistes saisis des différentes questions.

Ces dernières portent sur six thèmes, qui segmentent l’accès et de la formation de différentes catégories de population aux technologies de l’information, qu’il s’agisse des foyers défavorisés, des personnes âgées, des handicapés, ou des TPE/PME. Les questions du très haut débit et de l’intégration des technologies de l’information dans l’enseignement scolaire sont également abordées.

De l’utopie à la loi

Les réponses proposées sont concrètes, mais certaines ouvrent des débats d’importance. Par exemple, pour réussir l’étape du très haut débit, avec la mise en place d’un réseau “neutre, ouvert et concurrentiel”, l’association propose de “financer le rachat (sans financement nouveau de l’état) des infrastructures passives de France Télécom et les placer dans une structure privée dans laquelle des investisseurs privés pourraient investir aux côtés d’investisseurs […] ou de collectivités locales”.

Plus modestement, l’association propose le soutien au mécénat dédié au développement du numérique, encore peu développé en France. Il s’agit de créer une association chargée de financer ce type de projets, et une baisse des impôts pouvant aller jusqu’à 100% sur les sommes consenties par les entreprises ou les particuliers.

Certaines des propositions de l’association ont déjà été entendues par le cabinet d’Eric Besson. C’est notamment le cas de la mise sur pied d’une filière de reconditionnement des ordinateurs ensuite redistribués auprès de publics qui en ont besoin, comme les écoles ou des foyers défavorisés. Ce projet a pris le nom d’opération “Ordi 2.0”, et a présentée par le cabinet du ministre, le 24 juin. Avec, toutefois, une différence de taille. Alors que le projet officiel ne s’appuie que sur le secteur de l’économie solidaire, pour Erik Van Rompay, “toutes les entreprises doivent pouvoir participer car si les sociétés du secteur solidaire peuvent traiter un parc de 500 ordinateurs, “elles n’ont pas la capacité de traiter des très gros volumes”.

Dernière proposition, révolutionnaire : appliquer la loi ! Il s’agit, en effet, de publier le décret d’application de l’article 47 de la loi du 11 février 2005, sur l’égalité des droits et des chances, pour garantir l’accessibilité des sites internet publics à tous, en appliquant les recommandations internationales.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur