24e suicide chez France Télécom : Didier Lombard annonce de nouvelles mesures

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Pour tenter d’enrayer la spirale des suicides chez France Télécom, Didier Lombard met notamment fin au principe de mobilité systématique des cadres.

Il aura fallu un 24e suicide (en 18 mois) pour que France Télécom s’engage dans des mesures à la hauteur du malaise. Hier, lundi 28 septembre, un employé de l’opérateur s’est jeté du viaduc d’Alby-sur-Chéran près d’Annecy, a révélé le Dauphiné Libéré . Dans sa lettre d’adieu, il dénonçait « le climat au sein de l’entreprise ». Conseiller clientèle entreprise, l’employé avait été muté en juin dernier sur un centre d’appel de vente de services aux PME. Un plateau réputé pour être « invivable ». L’homme âgé de 51 ans avait rendez-vous le jour même avec le médecin du travail.

Face à ce nouveau drame, qui intervient moins de trois semaines après le précédent, le PDG du groupe Didier Lombard s’est rendu sur place suivi du numéro 2 Pierre Wenes et le directeur des ressources humaines Olivier Barberot. Une première face à ces douloureux événements. C’est dire si le problème est plus que palpable au sein de l’opérateur.

Pour tenter d’enrayer la spirale (et éviter l’effet de mode précédemment évoqué par le dirigeant), Didier Lombard a annoncé la volonté de mettre fin au principe de mobilité des cadres systématique au niveau national tous les trois ans. Il a également demandé l’interruption des objectifs individuels sur le plateau où travaillait le défunt le temps d’améliorer les conditions matérielles.

Ces nouvelles mesures ne font que renforcer celles annoncées il y a une quinzaine de jours. Convoqué par le ministre du Travail Xavier Darcos (l’Etat reste le premier actionnaire d’Orange avec près de 27 % du capital), Didier Lombard s’était engagé à interrompre la mobilité des cadres jusqu’au 31 octobre. Il semble que cette échéance soit aujourd’hui prolongée. Le ministre avait également demandé à appliquer des méthodes de gestion plus humaine. En vain, visiblement.

Pour autant, la stratégie de réorganisation de l’entreprise n’est à ce jour pas remise en cause. Les syndicats demandent notamment l’arrêt des fermetures de sites, des suppressions de postes et de mutation géographique forcée. De son côté, France Télécom doit auditionner 250 personnes pour analyser l’origine du malaise interne, ainsi que l’ouverture de négociation avec les syndicats autour de la mise en œuvre d’un accord interprofessionnel sur le stress au travail. Des négociations qui doivent s’ouvrir aujourd’hui, mardi 29 septembre.


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