3Com revient, avec le 8800, sur les commutateurs ‘backbone’

Réseaux

Le constructeur américain allié du géant chinois Huawei se repositionne sur les commutateurs de grands réseaux en cassant les prix. Son ‘switch 8800’ serait 30% moins cher que ceux de la concurrence

Après certaines vicissitudes -certains grands comptes bancaires n’ont pas oublié le retrait brutal du constructeur sur ce créneau, il y a quelques années- 3Com a retrouvé son chemin, y compris sur le haut de gamme. L’équipementier réseau présente un commutateur ‘terabit’, le 8800. Positionné face à l’offre de Cisco, Foundry, Juniper ou Extreme Networks, ce ‘switch’ est annoncé comme

“le commutateur de coeur de réseau le plus puissant jamais proposé à un prix aussi modique”: 43.200 euros pour le modèle à 14 slots. La cible visée est clairement celle des opérateurs et des organisations de 500 à 10.000 utilisateurs dans des secteurs tels que la santé, l’éducation, l’administration. Ce nouveau matériel vise une infrastructure réseau supportant aussi bien des applications métiers gourmandes en données que la téléphonie IP, la vidéo en ‘streaming’, l’imagerie médicale? Ce commutateur bénéficie d’un fond de panier à forte redondance, qui garantit une bande passante pour des flux critiques: il est doté d’un système de limitation empêchant les applications non critiques de grever la bande passante réservée aux applications vitales. Cet équipement sophistiqué propose un routage ‘multicast’ purement hardware, qui garantit une haute qualité pour la transmission de la voix et des contenus vidéo. Mais on retiendra aussi que ce commutateur intègre de nombreuses fonctions de sécurité permettant notamment de neutraliser des intrusions sur le réseau. Outre l’insertion de listes de contrôle d’accès (blacklists) et d’une filtre permettant de contenir ceux qui accèdent au réseau dans des sous-réseaux cloisonnés, ce commutateur exploite une authentification de niveau 3 interdisant la redirection du trafic et donc tout espionnage des communications sécurisées. Par ailleurs, le trafic d’administration est, lui aussi, chiffré afin d’empêcher toute interception en clair par d’éventuels intrus. Ajoutons à cela une capacité impressionnante: on peut atteindre une puissance de commutation de 1,4 Tbps (terabits/seconde, soit mille gigabits/seconde), avec une densité de port “à la carte”: 576 ports de 1 gigabits/s ou 48 ports de 10 gigabits/s par châssis. Seul hic, la non disponibilité -pour l’instant- des protocoles IPv6 et MPLS (alors que les produits de la concurrence en sont déjà équipés). MPLS risque fort d’être demandé et attendu. En revanche, IPv6 (censé répondre à la pénurie des classes d’adresses IP) n’est pas une préoccupation en Europe. 3Com promet que ces protocoles vont arriver à la mi-2005, et qu’ils seront offerts gracieusement. Pour un peu, on pourrait parler de produits «en souscription», une approche marketing somme toute intéressante en ces périodes d’investissements serrés. Du reste, quelle sera la diffusion d’un tel produit? Il vise une centaine de grands comptes ou opérateurs pour toute l’Europe. On retiendra également qu’un prix aussi compétitif (environ un tiers moins cher que la concurrence) ne serait pas sans le concours du partenaire chinois de 3Com: Huawei. Ce dernier, auquel 3Com est associé par le biais d’un ‘joint-venture’, a largement contribué au développement de cette plate-forme. Quant à savoir si les instances gouvernementales européennes accepteront d’utiliser un produit dont une part du microcode est d’origine chinoise, la réponse serait affirmative: une entité au sein de la Défense française se serait déclarée intéressée.


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