3G+ : Bouygues Telecom passe à la vitesse supérieure

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Après un lancement discret en avril, l’opérateur étend son offre haut débit mobile au grand public

Détenteur depuis 2002 d’une licence UMTS (3G), Bouygues Telecom a pris son temps pour lancer commercialement cette technologie. Le troisième opérateur français s’est d’abord concentré sur Edge (2,5G) avec l’iMode tout en répétant qu’il ne croyait pas beaucoup à la 3G.

D’ailleurs, l’opérateur zappe totalement cette technologie pour se concentrer sur la 3G+. En avril dernier, le groupe lance en toute discrétion (sans aucune publicité) une offre HSDPA limitée aux professionnels (carte PCMCIA). Pour autant, l’opérateur se fait taper sur les doigts par l’Arcep (le régulateur des télécoms) car son réseau ne couvrait pas 20% de la population, minimum requis selon ses engagements.

Pour se justifier, Bouygues Telecom met en avant des retards de la part d’un de ses fournisseurs et sa volonté de passer directement à la 3G+. Le régulateur avait alors donné au groupe jusqu’à fin novembre pour respecter son engagement

Aujourd’hui, la filiale du géant de la construction annonce que son réseau 3G+ sera finalement disponible le 19 novembre prochain et promet une couverture de la population de 70% à la fin 2009.

Dans un premier temps, les villes couvertes seront Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Nantes, Nice, Rouen, Strasbourg et Toulouse, soit plus de 20% de la population. Bouygues Telecom respecte ainsi, juste avant la date limite, ses engagements auprès de l’Arcep.

Afin de faire face à une concurrence déjà bien installée sur la 3G+, l’opérateur proposera directement le HSUPA, qui permet des débits montants max de 1,4 Mb/s et le HSDPA qui permet des débits descendants allant jusqu’à 4 Mb/s. Le groupe promet même 7 Mb/s pour mars 2008.

Pour le moment, seulement deux téléphones compatibles 3G+ sont disponibles chez l’opérateur, mais le choix devrait très vite s’étoffer, promet-on.

Par contre, comme SFR et Orange, le groupe lance une clé USB à brancher sur son PC portable.

Côté tarifs, l’opérateur ne propose pas un usage illimité pour le grand public. Pour ce marché, le forfait Internet haut débit mobile est limité à 200 Mo par mois pour 29,90 euros par mois, pour un engagement de 24 mois (34,90 euros pour 12 mois).

Les utilisateurs professionnels, plus chanceux, ont droit à un forfait illimité. Mais il faudra y mettre le prix: 69 euros par mois pour un engagement de 24 mois (ou 74 euros pour 12 mois).

Le groupe rappelle également que ses clients entreprises peuvent acquérir une carte data HSUPA (Sierra AirCard 880E) associée à une option permettant l’illimité pour 39 euros HT par mois (connexion via le SI de l’entreprise) ou 58 euros HT par mois (connexion directe à Internet).

En proposant directement le meilleur du HSxPA, Bouygues Telecom affiche ses ambitions après avoir longtemps méprisé cette technologie mobile. En mai dernier, Richard Viel, directeur adjoint de Bouygues Telecom Entreprise ne nous confiait-il pas: “à l’heure actuelle, nous considérons que les entreprises n’ont pas encore besoin du HSDPA. Les applications dédiées sont encore très peu nombreuses, la visiophonie est un échec. La très grande partie des usages concerne le mail, Edge est parfaitement suffisant. Mais bien évidemment, nous proposerons à terme des terminaux HSDPA”.

On peut également se demander si le groupe n’arrive pas un peu tard sur un segment de marché déjà bien occupé par SFR (3,5 millions d’abonnés 3G et 3G+) et Orange. Surtout, s’il veut faire du volume, il devra rapidement étoffer sa gamme de combinés compatibles au moment où SFR (encore lui) lance 6 nouveaux terminaux 3G+ et des forfaits illimités.


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